‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 122 sur 165 · Ace, Ep. liv, ad Januar., n. 6, tom. II, pag · texte numérisé non relu

Ace, Ep. liv, ad Januar., n. 6, tom. II, pag

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combien il faudra que vous souffriez pour mon nom * . Travailler, et ne voir jamais son ouvrage; travailler à persuader les hommes, et sentir leur contradiction; travailler, et voir renaître sans cesse les difficultés; combats au dehors, craintes au dedans; ne voir que trop où sont les pécheurs, et ne savoir jamais avec certitude où sont les vrais justes, comme saint Augustin le remarque : voilà le partage des ministres de Jésus- Christ.

L'Allemagne, cette terre bénite qui a donné à l'Église tant de saints pasteurs, tant de pieux princes, tant d'admirables solitaires, a été ravagée par l'hérésie. Les endroits heureusement préservés en ont ressenti quelque ébranlement; la discipline en a souffert. Combien de fois serez-vous réduit, à la vue de tous ces maux, à dire avec les apôtres : Nous sommes des serviteurs inutiles * ! Vos pieds seront presque chancelants, et votre cœur séchera quand vous verrez la fausse paix des pécheurs aveuglés et incorrigibles. pasteurs d'Israël, travaillez dans la pure toi, sans consolation, s'il le faut; possédez votre âme en patience. Plantez, arrosez ; attendez que Dieu donne l'accroissement; ne dussiez-vous jamais procurer que le salut d'une seule âme, les travaux de votre vie entière seraient bien employés.

Mais voulez-vous, ô prince cher à Dieu, que je vous laisse un abrégé de tous vos devoirs; gravez, non sur des tables de pierre, mais sur les tables vivantes de votre cœur, ces grandes paroles de saint Augustin 8 : « Que celui qui vous conduit se « croie heureux, non par une puissance impérieuse, mais par « une charité dévouée à la servitude. Pour l'honneur, il doit « être en public au-dessus de vous; mais il doit être, par la « crainte de Dieu, prosterné sous vos pieds. 11 taut qu'il soit le « modèle de tous pour les bonnes œuvres, qu'il corrige les « hommes inquiets, qu'il supporte les foibles, qu'il soit patient . « à l'égard de tous, qu'il soit prompt à observer la discipline,

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