‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 133 sur 165 · Luc, i · texte numérisé non relu

Luc, i

égale la corruption. Que tardez-vous, Seigneur, à séparer les biens et les maux? Hâtez- vous, donnez gloire à votre nom; apprenez à ceux qui le blasphèment combien il est grand. Vous vous devez à vous-même de rappeler toutes choses à Tordre. J'entends l'impie qui dit sourdement que vous avez les yeux fermés à tout ce qui se passe ici-bas 1 . Élevez-vous, élevez-vous, Seigneur; foulez aux pieds tous vos ennemis.

Mais, ô mon Dieu! que vos jugements sont profonds ! vos voies sont plus élevées au-dessus des nôtres que les cieux ne le sont au-dessus de la terre a . Nous sommes impatients, parce que notre vie entière n'est que comme un moment ; au contraire, votre longue patience est fondée sur votre éternité, devant qui mille ans sont comme le jour d'hier déjà écoulé 8 . Vous tenez les moments en votre puissance *, et les hommes ne les connoissent pas; ils s'impatientent, ils se scandalisent, ils vous regardent comme si vous succombiez sous l'effort de l'iniquité : mais vous riez de leur aveuglement et de leur faux zèle.

Vous me faites entendre qu'il y a deux genres de maux : les uns que les hommes ont faits contre votre loi et sans vous, par le mauvais usage de leur liberté; les autres, que vous avez faits 5 , et qui sont des biens véritables, si on les considère par rapport à la punition et à la correction des méchants, à laquelle vous les destinez. Le péché est le mal qui vient de l'homme ; la mort, les maladies, les douleurs, la honte, et toutes les autres misères, sont des maux que vous tournez en biens, les faisant servir à la réparation du péché. Pour le péché, Seigneur, vous le souffrez, pour laisser l'homme libre et « en la main de son conseil,» selon le terme de vos Écritures 6 . Mais, sans être auteur du

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