‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 146 sur 165 · PROFESSION DE FOI · texte numérisé non relu

PROFESSION DE FOI

DRESSÉS PAR M. L ARCHBYEQU1 DE CAMBRAI, BT SIÔNBE PAR M...,

à qni les cinq lettres précédentes avoient été adressées,

I. Je déclare qu'après avoir prié, lu et examiné, je me suis déterminé à vivre et à mourir dans le sein de 1* Église catholique, apostolique et romaine, où nous avons toujours cru que nos ancêtres faisoient leur salut avant la séparation qui a été faite sous le nom de réforme. C'est une Église visible, qui comprend, outre les élus qui sont inconnus ici-bas, tous ceux qui font profession du christianisme dans cette société. Elle est l'Église de tous les temps, depuis les apôtres jusqu'à nous : c'est elle qui nous a conservé le sacré dépôt des Écritures et le baptême : c'est elle qui a sa succession non interrompue des pasteurs, depuis Jésus-Christ jusqu'à notre temps : c'est elle qui est répandue dans toutes les nations connues de la terre. J'embrasse toute sa doctrine, et je m'attache à son culte.

II. Je crois que cette Eglise est l'unique épouse du Fils de Dieu. Autant que l'Évangile m'apprend à me défier de moimême, à être humble, docile, soumis aux pasteurs, parce que « celui qui les écoute, écoute » Jésus-Christ même; autant suisje assuré par les promesses, que cette Église ne se trompera jamais. Quiconque refuge de l'écouter et de la croire doit être

regardé « comme un païen et comme un publicain. » Elle est fondée «sur la pierre; et les portes de l'enfer,» qui sont les conseils de l'erreur, a ne prévaudront jamais contre elle. » Jésus- Christ sera avec le corps visible de ses pasteurs, «enseignant» la doctrine qu'ils enseignent, et «baptisant, » c'est-à-dire administrant les sacrements qu'ils administrent, tous les jours, sans aucune interruption, «jusqu'à la consommation du siècle.» Voilà ce qui me persuade que cette Eglise, qui est la seule qu'on trouve dans tous les siècles, a conservé, malgré les « portes de l'enfer, » une doctrine saine et un culte pur, puisque Jésus- Christ ne cessera jamais un seul jour d'enseigner et de baptiser avec elle.

III. De là je conclus que cette Église n'a jamais pu « tomber en ruine et en désolation » par l'idolâtrie, puisque, si cette ruine était arrivée, les promesses de la vérité même se trouveraient fausses, les «portes de l'enfer» auraient «prévalu,» et Jésus- Christ n'aurait point continué d'enseigner et de baptiser avec une Église idolâtre.

IV. Je crois qu'il ne peut arriver aucun cas où il soit permis de se séparer de cette Église. La preuve en est claire comme le jour, dès qu'on a compris l'étendue des promesses. Jésus-Christ ne veut avoir qu'une seule épouse, toujours fidèle et toujours indivisible. De quel droit ferions-nous plusieurs Églises, nous qui savons qu'il n'en a voulu qu'une seule, et qu'il a demandé à son Père qu'elle fût « une et consommée en unité » comme il Test avec son Père même 1 ? N'est-ce pas une témérité sacrilège que d'entreprendre de diviser l'épouse que l'époux a voulu rendre indivisible? Peut-on, pour justifier la séparation, accuser cette Église d'idolâtrie, elle dont il est dit par le Saint-Esprit même que « les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle, » que Jésus-Christ «sera tous les jours,» sans aucune interruption, «enseignant et baptisant avec elle jusqu'à la consommation du siècle ; » que « quiconque ne l'écoutera point »

t. Joaii.. nn, 22, 23.

avec docilité « doit être regardé comme un païen et comme un publicain, c'est-à-dire comme un impie et un idolâtre, comme un homme indigne de la société des enfants de Dieu ; que cette Église est la « colonne et l'appui de la vérité i ; » qu'enfin « elle n'a ni rides ni taches 2 ? » Une Église superstitieuse et idolâtre pourroit-elle être « sans rides et sans taches » aux yeux de son époux? 11 est donc vrai, par les promesses, que l'Église ne peut jamais tomber ni dans l'idolâtrie ni dans l'erreur contre la foi ; et, par conséquent, il ne peut jamais arriver aucune cause légitime de nous séparer d'elle.

V. Je crois qu'il n'appartient point à chaque particulier d'expliquer le texte sacré de l'Écriture selon son propre sens, indépendamment de l'Église. Comme c'est elle à qui Dieu a confié ce texte pour nous le distribuer selon nos dispositions, c'est aussi à elle à nous en apprendre le vrai sens. La même autorité qui nous assure que ces livres sont divins nous assure aussi de l'interprétation qu'on doit leur donner : autrement chacun feroit dire à l'Écriture tout ce qu'il s'imagineroit y trouver par ses> préventions; et les hommes, avec un seul livre divin, feroient autant de religions qu'ils inventeroient de vaines subtilités pour l'expliquer. Tel est le malheureux fruit de la réforme prétendue. Je ne sais combien de sectes trouvent les doctrines les plus opposées dans les mêmes passages. La vraie religion ne peut être trouvée et mise en pratique que par une humble défiance de nos foibles lumières. Qu'y a-t-il de plus orgueilleux que de fonder le choix de sa religion sur ce qu'on présume d'entendre mieux l'Écriture que cette Église de qui on la tient? Qu'y a-t-il de plus superbe que de vouloir juger de l'Église par son propre sens sur le texte de l'Écriture, au lieu que nous devons juger du sens de l'Écriture par l'autorité de cette Église qui nous la donne et qui nous l'explique?

VI. Je crois que Jésus-Christ n'a point laissé son Église dé-

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