‹ De l'existence de Dieu: Lettres sur la religion. Discours pour le sacre de l'électeur de CologneChapitre 148 sur 165 · floro., vi · texte numérisé non relu

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S. Hebr., un, 10.

son Père en notre faveur, soit qu'elle le fasse elle seule dans le sanctuaire céleste, soit qu'elle le fasse ici-bas par les mains des prêtres : mais l'eucharistie y ajoute la manducation réelle de la victime, ce qui est d'un prix infini en soi. Cest ce que l'Église a toujours nommé le sacrifice de l'autel.

XII. Jésus-Christ a donné à ses ministres la puissance de lier et de délier les pécheurs, en sorte que tous les péchés qu'ils remettront ici-bas seront remis au ciel, et que tous ceux qu'ils retiendront seront retenus '. Cette rémission n'est pas moins nécessaire pour les péchés secrets que pour les péchés publics : les premiers sont souvent encore plus énormes. Les ministres de Jésus-Christ peuvent-ils juger s'il faut les remettre ou les retenir, si le pécheur ne les déclare pas ou en public, ou du moins en secret? La confession secrète n'est donc qu'un adoucissement par rapport à la nécessité de soumettre les péchés au jugement des ministres de Jésus-Christ. De là vient que cette règle a toujours été conservée par l'Église avec tant de fruits : plus elle est humiliante, plus elle est salutaire. Eh ! de quoi avons-nous besoin dans la pénitence, sinon de confondre notre orgueil, qui est la source de tous nos péchés? Qu'y a-t-il de plus efficace que ce remède pour nous corriger? Peut-on croire que Jésus-Christ nous a laissés manquer d'un remède si nécessaire, et que les hommes l'ont suppléé par leur industrie? Peut -on s'imaginer qu'une discipline si capable de révolter l'orgueil et d'irriter l'amour -propre ne soit qu'une invention humaine?

XIII. Je n'ai aucune peine à admettre avec l'Église sept sacrements. Je comprends qu'un sacrement est un signe ou cérémonie instituée par l'autorité divine, et à laquelle quelque grâce a été attachée. Pourquoi refuserois-je de croire sur une autorité si décisive, 1° que nous sommes purifiés du péché originel dans le baptême, et que, d'enfants corrompus du vieil homme, nous devenons les enfants de l'homme nouveau, qui est Jésus-Christ:

i. Matth., ivm, 18; Joan., XX, 23.

2° que nous sommes affermis en lui par la confirmation, pour ne rougir point de son Évangile et pour porter patiemment la croix du nom chrétien ; 3° que la rémission de nos péchés noua est donnée au nom de Jésus-Christ quand nous les confessons en esprit de pénitence ; 4° que Jésus-Christ dans l'eucharistie est le pain descendu du ciel pour donner la vie au monde x ; 5° que l'extrême-onction, comme saint Jacques l'enseigne 2 , efface les péchés et fortifie contre les tentations du dernier combat; 6° qu'il y a, comme saint Paul le dit à Timothée», une grâce attachée au ministère qui est confié aux pasteurs par l'imposition des mains; 7° que l'assistance et la bénédiction de l'Église répandent une grâce dans le mariage pour unir en Jésus-Christ les deux époux malgré les « tribulations de la chair, » et pour préparer une postérité chrétienne?

XIV. Je vois, par l'histoire des Machabées, que la prière pour les morts étoit en usage solennel dans la synagogue, longtemps avant Jésus-Christ; je vois qu'elle a été continuée par l'Église chrétienne dès ses commencements les plus purs. Cette prière ne peut pas être faite en vain ni d'une façon aveugle. L'Église, en demandant le soulagement des fidèles, suppose visiblement qu'ils sont dans quelque peine dont ils peuvent être soulagés par son intercession. C'est, dit saint Augustin *, qu'il y a des chrétiens qui n'ont pas vécu assez mal pour être exclus du royaume du ciel, ni assez bien pour y entrer d'abord, parce que « rien n'y entre avec la moindre tache 5 : » ils ont besoin d'expier certains péchés qui ne vonl point a à la mort. » Ce pénible retardement de leur bonheur est un purgatoire où ils passent « comme par le feu 6 . » L'Église a toujours cru que ses prières pouvoient contribuer à leur soulagement et à l'avancement de

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