‹ De l'expectoration albumineuse après la thoracentèseChapitre 14 sur 25 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Marrotte. Bulletin de l’Académie de médecine, 1872, mai 28, p. 447.

Charles P..., 26 ans, menuisier, est entré, le 18 octobre 1863, service de M. Ernest Besnier, suppléant M. Monneret : il était atteint d’une pleurésie gauche.

Le 27 octobre, après avoir épuisé les moyens médicaux, l’urgence de la thoracentèse 'était très-prononcée. Les signes locaux étaient : matité complète du côté gauche : souffle tubaire, en arrière seulement, au niveau de l’épine de l’omoplate : silence-et absence de vibrations sur la ligne axillaire : refoulement du cœur a droite du sternum.

Je pratique la ponction avec le trocart de Reybard, dans le septième espace intercostal, au niveau de l’entre-croisement des lignes verticale, axillaire et horizontale mammaire. Au moment de l’opération, le malade rapproche violemment les arcs costaux et la pénétration de l’instrument, très-douloureuse, réclame une assez grande force. Je retire sans difficulté trois litres de sérosité jaunâtre qui se prennent rapidement en un caillot fibrineux. Pendant l’opération, quintes de toux violentes qui se prolongent jusqu’au soir, et font, pendant la journée, couler dé la sérosité par l’orifice de ponction.

En même temps, ces quintes de toux sont suivies de l’expectoration de trois verres environ de sérosité jaunâtre, filante, claire, recouverte d’une mousse écumeuse, analogue au liquide issu par la plaie de ponction. Ce liquide, qui ne rappelle aucune variété de crachats, traité par la chaleur et l’acide nitrique, donne un abondant précipité d’albumine.

Le soulagement fut immédiat, la nuit excellente. Tous les accidents, y compris le mouvement fébrile, disparurent complètement.

Terrillon, 9

La fièvre ne parut pas. Il n’y eut aucun signe immédiat ni consécutif de pneumo-hydrothorax. Le liquide ne se reproduisit pas, et le 7 novembre, c’est-à-dire onze jours après l’opération, le malade partait pour l’asile de Vincennes, conservant une très-légère matité à la partie inférieure du thorax.

Ce malade fut revu à la fin de novembre par M. Sottas, interne du service. L’épanchement ne s’était pas reproduit à gauche, mais le malade présentait des indices de tuberculisation parenchymateuse du poumon, qui avaient été vainement recherchés avant et après la ponction.

Page 1