OBSERVATION XX
Thèse de doctorat. Pmault,-I853.
“ Le 22 mars 1853, est entré, au n“ 24 de la salle Saint-Paul, le nommé Pranci, âgé de 34 ans, colporteur.
Cet homme souffre depuis trois mois ; mais depuis deux mois seulement, il a été pris de perte d’appétit, toux, frissons, difficulté de respirer et douleurs dans le côté de la poitrine.
Cependant, le jour de son entrée, il présente peu de fièvre, 84 pulsations, dyspnée et douleur au côté gauche, dans lequel on perçoit une matité s’élevant, derrière, à deux travers de doigt audessous de l’épine de l’omoplate ; devant, à cinq travers de doigt au-dessous de la clavicule. On entend du souffle bronchique ; pas d’égophonie; vésicatoire, pilules de scille et de digitale.
Terrillon.
Malgré ce traitement, l'épanchement augmente, et, le 2 avril, on
constate de la matité jusqu’au sommet du poumon; la dyspnée est
devenue plus forte. La thoracentèse est pratiquée et donne issue à près de 3 litres d’un liquide séreux verdâtre ; le malade est soulagé, cependant le soir la dyspnée reparaît, il existe des râles muqueux très-abondants, le malade a expectoré dans la journée deux pleins crachoirs de mucosités filantes ressemblant au liquide qui a été retiré le matin par la ponction.
Le 3, les râles muqueux sont toujours abondants ; il y a plus de fièvre qu’hier, l’épanchement s’est reproduit, quoiqu un peu moins abondamment. Les crachats, quoique encore verts, visqueux, sont bien moins abondants qu’hier soir.
Le 8, le liquide a un peu diminué, l’état général est plus satisfaisant; on perçoit mieux les vibrations thoraciques.
Le 20, il n’y a plus de fièvre, on entend un bruit de frottement pleural très-prononcé; il y a encore de la matité dans le tiers inférieur du poumon. On a appliqué la veille un large vésicatoire.
Le 8 mai, le malade sort dans un état satisfaisant; la dyspnée et la bronchite ont disparu depuis longtemps ; il y a seulement encore des frottements pleuraux, et une grande faiblesse respiratoire dans le tiers inférieur du poumon.