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SURFACE PLANE OU PLAN

Le plan est la plus simple des surfaces comme la droite est la plus simple des lignes. L'un et l'autre sont irréductibles, tandis que par voie de décomposition successive toutes les autres lignes et toutes les autres surfaces peuvent être ramenées à eux. Notre entendement est ainsi fait que

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les éléments de plus en plus petits découpés dans la ligne et dans la surface nous semblent prendre à la fin la forme rectiligne ou plane, tandis qu'en découpant une droite ou un plan nous ne saurions jamais y discerner des éléments curvilignes.

Pour avoir la pleine connaissance du plan il faut, je suis forcé de me répéter, le considérer à Tétat concret, les définitions abstraites n'en donnant pas une idée suffisante. L'expérience seule permet au concept de se former avec une entière netteté.

La Nature est fort riche en spécimens. Je citerai, comme s'écartant le moins du plan géométrique et même comme en donnant l'illusion parfaite, la surface d'une eau absolument tranquille. Si l'étendue n'en est pas trop grande le type du vrai plan s'impose à l'esprit. Pour une étendue considérable, à plus forte raison celle de la mer, la courbure devient très appréciable. Mais dans un bassin de jardin, et même dans un ])eht lac, la forme plane ne subit pas d'altération. Plusieurs cristaux naturels donnent la niéme impression: les faces de certains échantillons de quartz ou de pyrite sont d'apparence irréprochable. Des schistes, des basaltes peuvent, à

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un degré moindre, suggérer le même concept.

La forme plane, par sa simplicité et, en certains cas, par sa commodité, s'est naturellement imposée à l'industrie humaine. Nous sommes entourés d'objets fabriqués sous cette inspiration. Nos cités, nos demeures, nos machines la rappellent de mille façons. Nous sommes parvenus à obtenir sur le marbre, le verre ou l'acier, des surfaces dont la pureté ne le cède en rien à celle de l'eau tranquille. Mais ce sont là des progrès que le génie de l'homme n'eût pas réalisés si déjà le type ne lui était pas devenu familier par l'observation de la Nature ou s'il n'y avait pas été conduit par certains phénomènes matériels, tels que les effets de la pesanteur. Pour maintenir l'équilibre nous sommes amenés progressivement à établir des surfaces planes. Si nous n'avions pas été en contact avec le monde extérieur, si nous savions seulement qu' « un plan peut s'appliquer sur lui-même par voie de retournement », nous aurions sans doute beaucoup de peine à nous le représenter. Ce qui rend l'origine de ces concepts si difficile à démêler, c'est que nous sommes déjà familiarisés avec les objets au moment où l'on entreprend de les décrire. La notion est entrée dans notre esprit avant la for-

mule et la Physique a précédé la Métaphysique.

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