ESSAI DE SYSTÉMATISATION
Système centrifuge. — Il est généralement admis que les fibres centrifuges para-sympathiques ne passent jamais dans le rameau communicant blanc. De plus, les fibres centrifuges seraient souvent directes, sans relais ganglionnaire, jusqu'au voisinage ou dans les parois mêmes des viscères. Le fait est démontré pour les fibres à destination digestive du pneumo-gastrique, qui traversent les plexus médians, du plexus solaire au plexus hypo-gastrique, sans relais ganglionnaire (Decourt [26]), de même pour les fibres à destination digestive du para-sympathique pelvien, qui traverse le plexus hypogastrique sans relais ganglionnaire. Cette proposition est également démontrée pour les fibres centrifuges du pneumo-gastrique à destinations pulmonaire et cardiaque.
Système centripèle. — Pour l'anatomie classique, le parasympathique ne possède pas de voie centripète. Mais, là encore, la physiologie est en désaccord avec les notions autrefois admises. Il est démontré, en effet, au moins pour le pneumogastrique, qu'il existe des cellules dans les ganglions spinaux et jugulaires, dont le prolongement cellulifuge par le pneumogastrique ou le spinal gagne le noyau dorsal du vague.
IT. — Rappel de biologie générale du système organo-végétatii.
Si l’activité du système nerveux cérébro-spinal répond à des lois bien définies, celle du système nerveux végétatif est toute différente; il nous faut envisager :
— l’activité automatique des organes:
— le rôle général du système nerveux végétatif: — le mécanisme de son action.
A. — L'activité automatique des organes.
Privés de leurs connections nerveuses, les organes de la vie végétative conservent un tonus et une activité rythmique qui leur permettent d'assurer sinon normalement, du moins de façon assez satisfaisante, l'essentiel de leurs fonctions. Or, l’anatomie montre l'existence au niveau des organes d'éléments nerveux, « les appareils locaux de Guillaume », qui furent considérés tout d’abord (Carlson) comme déterminant de cette activité automatique. Aujourd’hui, de nombreuses expériences, sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre, semblent démontrer que les organes ont une activité propre, les appareils locaux ayant seulement une fonction énergétique d’accumulation, de sélection, de répartition motrice. Mais cette activité automatique est sensible à un très grand nombre de facteurs : concentration en ions métalliques du milieu, hormones, équilibre acido-basique, nombre d’agents pharmaco-dynamiques; autant de facteurs ayant également une action sur le système nerveux végétatif et sur lesquels nous insisterons plus loin. L'action directe de ces divers facteurs sur les organes ou sur Îles appareils intramuraux montre combien il est difficile d'apprécier leur effet sur le système nerveux végétatil propre-
ment dit.
B. — Rôle général du système nerveux végétatif.
Les nerfs végétatifs exercent seulement une action de contrôle et de régulation. Leurs lois d’excitabilité sont radicalement différentes de celles du système cérébro-spinal : il n'y a pas de subordination entre nerf et effecteur (Mollaret [86]); par suite, l’hétéro-chronisme est de règle, il est d’ailleurs variable d’un organe à l’autre et chez un même organe, suivant son état physiologique. En conséquence, l'excitation itérative est seule efficace et (bien que les organes possèdent une chronaxie propre) le temps de sommation est la caractéristique chronologique de l’organe excité indirectement, comme la chronaxie est la caractéristique chronologique d’un effecteur excité indirectement dans le domaine de la vie de relation.
La distinction entre nerf sympathique et para-sympathique n’est pas possible anatomiquement. Elle a pu être étudiée seulement par des méthodes indirectes : dégénérescence après section, blocage de l’influx nerveux au niveau des articulations synaptiques par la nicotine (Langley), épreuves pharmaco-dynamiques (Eppinger et Hess), études histo-physiologiques (Roussy et Mosinger [93]). Le système sympathique possède un rôle général catabolique; le système parasympathique, un rôle anabolique. Mais cette distinction est loin d’être absolue, car la réponse des organes aux neris végétatifs est variable, suivant leur état physiologique. Un exemple : l'excitation du nerf hypogastrique possède une action inhibitrice sur l'utérus de chatte non gravide; en revanche, elle provoque la contraction de l’utérus de chatte gravide.
Le rôle des ganglions sympathiques et para-sympathiques est un rôle tout d’abord de diffusion. Les fibres post-ganelionnaires sont plus nombreuses que les fibres pré-ganglionnaires (le rapport est de 32 à 1 chez le chat, selon Ransom et Billingsley). Mais ces ganglions possèdent égale-
ee
ment à un moindre degré un rôle de concentration. Claude Bernard avait montré qu'ils jouaient un rôle de centres réflexes; en fait, Langley a démontré que ce rôle réflexe n'existe plus si les fibres pré-ganglionnaires sont dégénérées. De là découle la notion de réflexe axonique préganglionnaire et la possibilité de conduction antidromique de l’influx nerveux par les fibres végétatives. Enfin, les fibres post-ganglionnaires se divisent elles aussi et pourraient être le siège de réflexes axoniques post-ganglionnaires. Les plexus viscéraux eb intramuraux auraient eux-mêmes un rôle de centres réflexes. De plus récentes expériences ont vérifié que ces fonctions réflexes étaient indubitables, quel qu’en soit le mécanisme, mais réduisent sans les infirmer absolument le rôle des réflexes d’axones et de la conduction antidromique (Roussy et Mosinger [93/).