CHAPITRE II L'ACTION DU CURARE A DOSE NEURO-VEGETATIVE
Le mérite de l’idée revient à H. Laborit [64-65]; la voici : certains agents pharmaco-dynamiques à dose très faible (l’ésérine ou la prostigmine, par exemple) sont sans effet dans le domaine de la vie de relation, mais en revanche possèdent une action neuro-végétative puissante. N’en serait-il pas de même du curare à dose infra-liminaire ? Cette idée s'est révélée féconde. Nous consacrons ce chapitre à un simple exposé des faits fournis par la littérature ou objectivement constatés par H. Laborit et nous-même.
Mais auparavant nous nous devons de préciser certains termes; nous entendrons par
— « dose neuro-végétative de curare », une dose pour laquelle aucun muscle strié n’est paralysé;
— « dose curarisante », une dose qui paralyse certains muscles striés, mais pour laquelle le sujet respire encore, le diaphragme étant le dernier muscle de l’économique paralysé par le curare (Claude Bernard [121);
— « dose apnéique » : le sujet présente une paralysie de tous les muscles striés, y compris le diaphragme.
Enfin, nous devons signaler le fait suivant : nous décrivons seulement les effets d’une injection ou deux à dose neuro-végétative (la seule action utile à notre travail) et non les effets d’un traitement par des doses neuro-végétatives répétées.