LE PLEXUS OVARIQUE
Ses racines aËérentes sont de deux ordres : 1j une part, deux ou trois racines latérales venues du plexus aorticorénal; d'autre part, des racines médianes venues du plexus nerveux situé en avant de l’aorte (entre la naissance des artères rénales et iliaques).
Le plexus lui-même est composé de deux ou trois branches ou un nerf tubo-ovarien. Elles se terminent par deux ou trois filets ovariens et un filet utérin, qui gagne la partie haute du bord latéral de l'utérus et se divise en quelques filets pour les faces antérieure et postérieure, L'existence même de ces filets n’est pas admise par tous.
Pour la majorité des auteurs, ce plexus est anastomosé au plexus utéro-vaginal, mais, pour Hovelacque et Segond [96}, cotle anastomose n'existe pas.
2° LE PLEXUS HYPOGASTRIQUE.
a) LE PLEXUS.
Au-devant de l'aorte, au-dessous de l’origine de l'artère mésentérique, convergent des fibres afférentes, qui vont constituer un nerf médian, le nerf présacré de Latarjet (plexus hypogastrique supérieur d'Hovelacque, plexus inter-iliaque de Delmas et Laux). Ce nerf médian descend sur la face antérieure des vertèbres, et, au niveau de la première vertèbre sacrée, se bifurque en deux nerfs latéraux, les nerfs hypogastriques inférieurs, droit et gauche; ces nerfs hypogastriques inférieurs gagnent les faces latérales du col. C’est à ce niveau, C'est-à-dire à l’extrémité antérieure des nerfs hypogastriques inférieurs que Lee et Frankenhauser avaient décrit deux volumineuses masses ganglionnaires. En fait, l’individualité anatomique de ces ganglions semble rare. Il s'agit, le plus souvent, d’un plexus inextricable noyé dans une atmosphère cellulo-graisseuse abondante, c'est pourquoi la terminologie de Delmas et Laux nous semble préférable : « plexus pelvi-périnéal ».
Cet ensemble anatomique de la naissance du nerf présacré au plexus pelvi-périnéal constitue le plexus hypogastrique.
b) FIBRES AFFÉRENTES :
Nous distinguerons deux sortes de racines : des racines
hautes et des racines basses.
a. Racines hautes. — Elles sont de deux ordres : des racines principales et des racines secondaires.
Les racines principales sont, les unes latérales, les autres
centrales,
y ue
Les fibres latérales sont constituées par deux ou trois filets venant des ganglions lombaires latéro-vertébraux moyens et inférieurs.
Les fibres centrales sont composées :
— d'un filet venant du premier ganglion latéro-vertébral lombaire ;
— de filets du plexus intermésentérique d'Hovelacque, qui unit le plexus hypogastrique au plexus solaire et au pneumosastrique. L'existence de fibres vagales à destinée digestive traversant ces plexus serait démontrée (Decourt [26]). Quant à l'existence de fibres vagales à destinée utérine, la question n’est pas encore tranchée définitivement (Roussy et Mosinger [93]);
— de filets venus du plexus aortico-rénal.
Les racines secondaires sont des racines d'importance variable, suivant les sujets
— les nerfs colo-pelviens : fibres nées du plexus mésentérique inférieur qui empruntent le trajet du plexus colique inférieur. Elles comprendraient, selon Hovelacque, des fibres venues du plexus inter-mésentérique. Elles sont parfois très développées, par suppléance, semble-t-11;
— deux ou trois branches grêles venues des deuxième et troisième ganglions sacrés (4 lombaire et 1” sacrée, pour Frankenhauser). Ce sont des racines hautes très inconstantes, le plus souvent elles gagnent les nerfs hypogastriques inférieurs et sont des racines basses.
L'ensemble de ces racines hautes va converger vers la partie haute du plexus hypogastrique, c’est-à-dire constituer le nerf présacré.
B. Racines basses. — Elles sont composées
— de racines grèles, venues des deuxième et troisième ganglions sacrés, qui gagnent le plus souvent les nerfs hypogastriques plutôt que le nerf présacré, comme nous l’avons déjà signalé;
— des nerfs érecteurs d'Eckard: ils se détachent des bran: ches antérieures des nerfs sacrés : toujours de $,, souvent de S;, parfois de $; et S,. Laux et Cabannac ont remarqué qu'il existe un rapport entre nerfs érecteurs et nerfs honteux internes : les nerfs érecteurs se détachent toujours des mêmes racines, et leur origine s’étend, comme celle des nerfs honteux internes, de S, à S, ou se limite à S,, S,.
L'ensemble de ces racines basses gagne le nerf hypogastrique inférieur et le plexus pelvi-périnéal.
c) FIBRES EFFÉRENTES.
Ce sont les nerfs de l'utérus. Des nerfs hypogastriques inférieurs se détachent des fibres qui gagnent directement l'utérus; elles sont rares, et la majorité des fibres efférentes du plexus hypogastrique se détachent des plexus pelvipérinéaux.
Les fibres efférentes de ces plexus se distinguent en fibres hautes et fibres basses.
au. Les fibres hautes ont des destinées diverses.
Les unes vont directement à la portion sus-vaginale du col, les autres se dirigent vers la vessie, mais souvent par un trajet récurrent gagnent le vagin et l’utérus. Enfin, du plexus pelvi-périnéal partent des fibres qui se distribuent à tout le plancher musculaire du périnée, et plus particulièrement aux releveurs de l’anus (Jayle [55]).
B. Les fibres basses constituent le pédicule corporéal. Accolées au paquet urètre-vaisseaux utérins, constituant parfois un véritable nerf latéro-utérin (Latarjet et Bonnet), elles gagnent l’angle utéro-tubaire et se répartissent au plexus péri-utérin, aux ligaments larges, à la portion interne de la trompe.
Du plexus péri-utérin se détachent des filets qui gagnent un réseau sous-péritonéal et des filets qui gagnent directement le système nerveux intra-utérin; ces filets sont plus
re
abondants au niveau du col, et leur trajet semble indépendant de celui des vaisseaux.
B. — Le système nerveux intra-utérin.
Il comprend schématiquement des éléments au niveau du myomètre, au niveau de la muqueuse, au niveau des vaisseaux.
Les filets musculaires seraient : les uns, moteurs; Schrœæder décrit des filets qui se terminent en renflement au contact de toutes les fibres musculaires; les autres, sensitifs, qui se terminent en de véritables corpuscules sensoriels beaucoup plus abondants au niveau du col (Keïffer [57-59 ]).
L'existence de filets destinés à la muqueuse est discutée (Baudon [8]). Certains auteurs n’admettent pas leur réalité (Schræœder, Kabhand, Strohr), d’autres l’affirment (van Gauwransky, Parenko); Keïffer décrit 4 à 5 types de corpuscules au niveau de la muqueuse.
Autour des vaisseaux, existent de riches plexus. Mais les auteurs se rangent le plus souvent à l'opinion de Keiffer [58], dont le point de vue peut être résumé par la phrase suivante : «Le système des parois vasculaires se réduisant très vite dans le corps de l'organe à un simple endothélium immédiatement en contact avec le tissu musculaire, on peut considérer idéalement l'utérus entier comme une sorte d’expansion musculaire des parois vasculaires. Il s'ensuit que l’innervation vaso-motrice sert en fait d’innervation musculaire et que les excitations dans le domaine des vaso-moteurs se traduit par des réactions de l’utérus tout entier dans le sens de la constriction ou du relâchement. »