CONCLUSIONS GÉNÉRALES CONCERNANT L'INNERVATION UTÉRINE
Des résultats des diverses épreuves pharmaco-dynamiques et des divers procédés agissant sur l’innervation utérine ainsi que de l’expérimentation curarique, il ressort les hypothèses suivantes :
— Les voies végétatives centripètes transmettant les incitations dolorigènes de l'utérus en travail sont constituées de fibres cholinergiques directes groupées en deux systèmes :
a) l’un principal, utéro-lombaire, groupant toutes les voies corporéales et la majorité des voies du col; elles traversent tout le plexus hypogastrique et les ganglions lombaires supérieurs sans relais; ce sont les prolongements cellulipètes de neurones bipolaires situés dans les ganglions spinaux D,;,, D,,, qu'elles gagnent par les rameaux communicants blancs;
b) l’autre secondaire, utéro-sacré et d'importance variable, groupant une partie des voies du col. Elles traversent sans relais le plexus pelvi-périnéal faisant sans doute partie des nerfs érecteurs d’Eckard; ce sont les prolongements cellulipètes de neurones bipolaires des ganglions spinaux $,, $s, Sa.
L'expérimentation curarique est en faveur de cette hypothèse.
—- La contractilité rythmique de l'utérus est stimulée par des fibres cholinergiques directes à effet muscarinique correspondant soit à des fibres vagales, soit à des fibres parasympathiques de Ken Kuré (mais certainement issues de centres d’un niveau supérieur à D;;), qui traversent sans relais le plexus hypogastrique pour gagner le plexus intra-utérin. La stimulation de cette fonction par le curare à dose neurovégétative cadre avec cette hypothèse.
— Le tonus du périnée est stimulé par des fibres adrénergiques dépendant de fibres cholinergiques pré-ganglionnaires
issues de la moelle à un niveau supérieur à D,. Les relais ganglionnaires sont imprécis et sans doute multiples. Ce tonus est d'autre part inhibé par des centres situés entre D, et S,, qui agissent sans doute par l'intermédiaire de fibres cholinergiques : la nature de ces fibres est difficile à préciser Gil ne s'agit sans doute pas de fibres cholinergiques à effet muscarinique). L’expérimentalion curarique est de peu de valeur pour vérilier ces deux hypothèses.
—— Le tonus du col utérin est stimulé par des fibres cholinergiques à effet muscarinique dépendant de centres médullaires situés au niveau de $,, S;, S,. Elles correspondent soit à des fibres des nerfs érecteurs d’Eckard, soit à des fibres du para-sympathique de Ken Kuré. Il est probable que ces voies cholinergiques sont directes. Peut-être le tonus du col est-il inhibé par des neurones adrénergiques. L’expérimentation. curarique à une valeur relative pour confirmer cette hypothèse.
— Le tonus du périnée est stimulé par des fibres adrénergiques, particulièrement par des fibres adrénergiques issues du plexus pelvi-périnéal. L’expérimentation curarique est en faveur de cette hypothèse.