II. —— Déductions pratiques
Il ne peut être question de poser les indications du curare à dose neuro-végétative en obstétrique, mais seulement de déduire quelques principes qui pourront servir éventuellement de base à une application pratique.
L'emploi du curare, en raison de l’hypertonie du col qu'il détermine habituellement, nous semble contre-indiqué à la période de dilatation. L'associaton systématique curare-Spasmalgine ne semble pas hâter la dilatation. De toute façon, d’ailleurs, l'emploi de curare en cours de dilatation nécessite des injections répétées et tardives de Spasmalgine. La longueur de la durée de dilatation, l'augmentation de la contractilité rythmique, les injections répétées et tardives de
Spasmalgine, font courir, semble-t-il, des risques certains à l'enfant, et c’est là une raison de plus (largement suffisante d’ailleurs) pour contre-indiquer l'emploi du curare à !a période de dilatation.
En revanche, l’assouplissement du périnée, la stimulation des contractions de l'utérus, font envisager des indications du curare à la période d'expulsion : dans les présentations du siège, chez les primipares âgées, pour faciliter toutes manœuvres obstétricales. D'autre part, le curare ne franchissant pas le placenta, selon toute vraisemblance, il n’a pas d’action nocive directe sur le fœtus, et les risques signalés à la période de dilatation pour l’enfant n'existent pas à la période d'expulsion.
En raison de la sensibilité particulière à l’acétylcholine des elfecteurs chez la femme en travail, on pourrait envisager l'emploi de dose de curare plus élevée déterminant une hypotonie périnéale plus prononcée et une stimulation aussi nette des contractions. Mais: les recherches pratiques dans ce domaine, à priori séduisantes, semblent dangereuses et délicates en raison de l'inégalité suivant les sujets de la sensibilité de toutes les synapses (neuro-végétative et de la vie de relation) vis-à-vis du curare.