Lagrange, Œuvres, Paris, 1867 à 1892, vol. IX, p
l'unité de la raison humaine 377
rie de la relativité ont si bien senti eux-mêmes qu'il y avait là un penchant naturel de notre entendement qu'ils ont parfois exagéré ce que la théorie présente de particulier à ce point de yue. Ainsi Minkowski a déclaré que l'espace et le temps doivent se fondre dans une notion plus générale, celle ù! Univers S et qu'en réalité « toutes les variations données dans le monde des phénomènes appartiennent à un espace à quatre dimensions, puisque ce sont en même temps des variations dans l'espace et dans le temps ' ». De même, selon M. Planck, « le principe de relativité montre simplement qu'il n'existe point, dans le système spatio-temporel à quatre dimensions, aucune dimension privilégiée ^ ». Ces affirmations pourraient faire supposer que l'assimilation entre les dimensions spatiales et la dimension temporelle se trouve, dans la nouvelle théorie, complète. Or, bien entendu, il n'en est point ainsi, tout au contraire, l'irréversibilité de la marche dans le temps y est expressément stipulée, comme on le voit par l'argument fondamental d'Einstein, qui consiste à faire valoir qu'on « ne peut pas télégraphier dans le passé * ». La conception erronée que l'on tend à faire naître n'en est que plus caractéristique.
Il est tout aussi intéressant de rappeler qu'à l'époque où apparaissait l'hypergéométrie, on n'avait aucune idée des phénomènes qui ont servi de fondement aux théories récentes et que, quand Lobatschewsky, Riemann et, à leur suite, Helmholtz, ont fait appel à des vérifications expé-
1. Cf. p. Langevin, L'évolution de l'espace et du temps. Revue de métaphysique et de morale, juillet 1911, p. 459.
2. Minkowski, L'espace et le temps, Scientia, V, 1909, p. 215.
3. M. Planck, Acht Vorlesnngen ueber theoretische Physik, Leipzig 1910, p. 121. On pourrait ici aisément multiplier les citations, car les physiciens parlent, couramment, comme M. Sommerfeld, de «l'univers à quatre dimensions ou univers de MinkoNvski » {Application de la théorie de l'élément d'action, etc. La théorie du rayonnement et les quanta, Paris, 1912, p. 317) et exposent comme M. Whittaker, la théorie de cet univers sans formuler aucune réserve concernant l'irréversibilité du progrès dans la dimension temporelle (A History of the Théories of Aether and Electricity, etc. Londres, 1910 p. 448). Cf. aussi, à ce sujet, A. Einstein, Ueber die spezielle und die allgemeine Relativitaetstheorie, Brunswick, 1920, pp. 37 et 83.