‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 109 sur 153 · Cf. Langevin, l. c, p · texte numérisé non relu

Cf. Langevin, l. c, p

rimentales, c'a été en vue de constatations bien différentes et purement spatiales K Nous avons vu d'ailleurs (chap. VI, p. 182 et chap. XV, p. 204) quel est le véritable fondement de ces conceptions. De toute évidence, elles sont nées de spéculations désintéressées, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas été imaginées en vue d'expliquer des phénomènes physiques, mais qu'elles ont eu pour origine des considérations de mathématique abstraite. C'est au point que, comme on l'a remarqué, tout le travail d'analyse mathématique dont la théorie nouvelle avait besoin se trouvait en quelque sorte préparé d'avance, au moment où elle a surgi, par des travaux où pourtant la notion du temps n'entrait pour rien ^ On ne saurait douter, en effet, que, dès que nous concevons une mathématique spatiale, la tridimensionalité de l'espace nous apparaît comme un donné, auquel nous cherchons vainement une explication. Donc, à ce point de vue encore, la nouvelle théorie fait appel à un sentiment très profond et très général, et l'on n'a certainement aucune peine à concevoir que, si hardie soit-elle, elle ne fait cependant que développer des possibilités de compréhension que notre raison, à l'insu de nous-mêmes, renfermait à l'état de puissance.

Enfin le lecteur se rappellera aussi, à ce même propos, l'analogie que présentent les nouvelles conceptions spatiales avec la notion kantienne de l'espace en tant que forme subjective de la perception (chap. XV, p. 202), notion née évidemment de considérations qui n'ont rien de commun avec celles de la physique moderne.

Ainsi, à tout bien peser, le fond de l'intellect tend certainement, dans cette question si troublante de la relativité de l'espace, à apparaître immuable.

Observons cependant qu'en vertu même de la substance dont est faite notre démonstration, celle-ci n'est valable que pour le passé. On pourra sans doute juger fort peu probable, à la lumière de ce que nous enseigne ce passé,

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