Cf. R. Bertiielot, l. c, p
7. Philosophie der Geschichte, Werke, vol. IX, p. vu. La préface est de Gans, mais on ne peut douter qu'il exprime fidèlement la pensée de Hegel, cf. d'ailleurs Na,tur philosophie, p. 37, qui formule à peu près la même idée, en attribuant la faute de cette intervention du hasard à « l'impuissance » de la nature. 11 est très caractéristique que Gans ne se contente pas de déclarer que la tendance à tout « construire» est « dénuée d'esprit » et « ridicule » et qu'elle « déshonore la philosophie par un usage machinal de ses organes les plus nobles », mais qu'il ajoute encore, en guise d'argument, que ce procédé « rend impossible la paix avec ceux qui cultivent la science empirique».
en géologie, l'élément historique doit y être accepté comme un fait, « il n'appartient point à la philosophie ». En général, il faut renoncer à vouloir tout expliquer, « il faut se contenter de ce qu'on a pu réellement comprendre jusqu'à ce jour ». La philosophie de la nature a tenu à faire face à tous les phénomènes ; mais c'est là une erreur. Ce sont les « sciences fmies » qui procèdent ainsi ; comme l'expérience seule y constitue la garantie de l'hypothèse, on est obligé de tout explicpier. « Alors que ce qui est connu par le concept est clair par lui-même et se trouve être fixé une fois pour toutes ; Ja philosophie n'a pas à s'inquiéter de ce que tous les phénomènes ne se trouvent pas encore expliqués ^ »
Aussi Hegel entend-il faire une large place à la science expérimentale. Il repousse avec beaucoup d'énergie l'idée d'avoir voulu se mettre en opposition consciente avec elle. C'est là, dit-il, un préjugé*. La science spéculative, loin de laisser de côté le contenu empirique des autres sciences, le reconnait et s'en sert ; les sciences empiriques préparent le contenu du particulier de manière à ce qu'il puisse être inclus dans la philosophie '. Non seulement la philosophie doit être d'accord avec l'expérience de la nature, mais la naissance et la formation de la science philosophique ont la physique empirique pour supposition et condition préalable *. Bien entendu, il morigène fréquemment la science des savants, quelquefois non sans raison — comme quand il fait ressortir que les concepts dont elle se sert, tels que ceux de matière, de force, d'atome, etc., sont des concepts métaphysiques et qu'il est vain de vouloir exclure cette métaphysique de la science, ainsi que l'avait conseillé Newton, sans d'ailleurs suivre lui-même ce précepte, ce dont il doit être hautement loué du reste ^ — le plus souvent tout à fait à tort et, en outre, sans mesure. Cependant, en ce faisant, il entend agir sur cette science, la plier à ses