Encyclopeadie, Logik, pp
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vues. C'est ainsi qu'il accuse vivement la philosophie kantienne de n'avoir exercé aucune influence sur la marche de la science. Quand, dans des travaux scientifiques, on exposait les principes de cette philosophie, ce n'était, de toute évidence, qu'un hors-d'œuvre, qui n'avait aucun lien avec le contenu véritable du travail ^ En 1848 encore, K. Michelet, dans sa préface à la Naturphilosophie, tout en constatant que les savants avaient accueilli l'œuvre de Hegel « par un sourire de pitié », plaidait cependant pour une entente entre eux et les philosophes, entente en vue de laquelle ce livre constituait, à son avis, un premier pas ^
Que Hegel ait pris son programme à l'égard de la science tout à fait au sérieux, c'est ce dont il est facile de se convaincre, du reste, en parcourant la Naturphilosophie. Ce livre contient une masse considérable de faits empiriques appartenant à peu près à tous les domaines, et l'auteur a dû certainement se donner beaucoup de peine pour connaître à ce point les principaux écrits des protagonistes de la science de son temps. Newton (dont les conceptions dominaient cette science dans une mesure bien plus considérable qu'elles ne dominent la nôtre) est cité un grand nombre de fois, et parfois Hegel résume longuement ges déductions mathématiques '. De même, on trouve à chaque pas les noms de physiciens et de chimistes contemporains, surtout de savants français, pour lesquels Hegel paraît montrer quelque préférence, ce qui s'explique du reste, la science allemande de l'époque étant de qualité plutôt inférieure et Hegel ignorant apparemment l'anglais *.Les cita-
1. Ib.fP. 121. — M. Croce n'a pas tout à fait tort d'affirmer que l'hostilité de Hegel contre les mathématiciens et les physiciens « ne naissait pas d'un mépris pour ces sciences, mais plutôt d'un excès d'amour » (Ce qui est vivant, clc, p. 133; — nous nous sommes permis de remplacer le terme « naturalistes » dont se sert la traduction — d'ailleurs fort bonne — de M. Buriot, par celui de «physiciens »», le mot italien nous paraissant désigner ici plutôt ceux qui s'occupent en général de sciences, en dehors des mathématiciens).