Nalurphilosophie, p
2. Hegel, en cette matière encore, n'a fait que suivre l'exemple de Schelling qui, après avoir été d'abord d'un avis différent, s'est déclaré, dans la Darslellung meines Systems der Philosophie, en faveur de l'optique de Gœthe (cf. RosENKRANz, ScheLUiig Danzig, 1843, p. 176).
3. Naturph losophie, pp. 300 et suiv. — Hegel était attaché à Goethe par des liens de reconnaissance et d'amitié personnelle. C'est Gœthe qui, en 1805, l'avait fait nommer professeur à léna (sans traitement), et qui, l'année suivante, lui avait procuré un traitement de 100 thalers par an. L'amitié n'a pas souffert du fait que Hegel, bientôt après, quittait léna ; il y est d'ailleurs retourné plus tard, pour rendre visite à Gœthe (Kuno Fischer, Geschichle der neuerii Philosophie, vol. VIll,r« partie, pp. 64 et suiv., 2« partie, p. 606 — Cf. Appendice XHI.
l'action des organes sensoriels K Le procédé contraire cons" titue, au gré de Hegel, un grave inconvénient de la science empirique, en quoi, sans doute, il n'a pas tout à fait tort, du moins en un certain sens, puisqu'il y a là l'admission d'un irrationnel, c'est-à-dire, selon le mot de M. Burnet (chap. YI, p. 193), une sorte de « suicide » de la raison. Pour Hegel, qui méconnaît entièrement la nécessité de ce sacrifice, la philosophie (dont la vraie science, la philosophie de la nature, ne constitue qu'une branche) se trouve, à ce point de vue, d'accord avec la conception commune et s'oppose entièrement à la théorie des physiciens. « Le réel n'est pas le spatial tel qu'il est considéré dans les mathématiques. D'une irréalité telle que celle qui caractérise les choses mathématiques, ni la perception concrète des sens, ni la philosophie ne s'occupent ^ » Hegel, contrairement à Kant, considère l'espace et le temps comme appartenant aux choses elles-mêmes. Cependant, ce qui a trait à ces considérations ne lui en apparaît pas moins comme tout à fait secondaire : « H convient de répondre à ceux qui sont assez bornés pour attribuer une importance tout à fait singulière à la question de la réalité de l'espace et du temps, que l'espace et le temps constituent des déterminations extrêmement pauvres et superficielles et que les objets, par conséquent, en possédant ces formes, possèdent peu de chose... La pensée qui vise la connaissance ne s'arrête point à ces formes \ » Evidemment, en ver lu de
1. Ed. V. HAnTMANN a, d'une façon très appropriée, insisté sur ce côté important de la théorie hégélienne (Geschichte der Metapfiysik, Ausgewaehlte Werke, Leipzig, 191 1, p. 218).