Phaenomenologie, pp. 31 à
4^ l'explication CLOBALÎ']
tion que les carrés des temps écoulés. Il nous serait loul à fait impossible d'exposer la marche de cette déduction sans pénétrer dans les profondeurs même de la métaphysique hégélienne ; pour le but que nous poursuivons ici, il suffira d indiquer que Hegel motive l'intervention du carré du temps par le lait que c'est là « la grandeur venant en dehors d'elle-même, se posant dans une seconde dimension, s'augmentant par conséquent, mais par une détermination qui n'est nulle autre que sa détermination propre, — se posant soi-même comme limite de cette augmentation et, dans le fait de devenir autre, ne se rapportant qu'à soi-même ^ ». C'est par des déductions de ce genre que Hegel entend remplacer celle que la science a adoptée depuis Galilée. On ne s'étonnera pas, après cela, de constater qu'il trouva la déduction newtonienne des mouvements planétaires imbécile (laeppisch) et qu'il déclare inconcevable que les corps célestes soient « tirés de côté et d'autre », vu qu'ils doivent au contraire se mouvoir « comme des dieux libres ^ ».
Ainsi la déduction mathématique est inopérante dès qu'il s'agit d'expliquer du physique. « Les distinctions et déterminations qu'amène l'analyse mathématique et la
1. Natiirphilosophie, pp. 85 à 88. — D. V. Strauss, écrivant en 1854, c'est-àdire à un moment où la réaction anti-métaphysique en Allemagne battait son plein (Strauss déclare lui-même qu'il « a conscience que le jour de la philosophie est, pour le moment, passé, et que c'est le jour de la science empirique qui est arrivé »), et cherchant à défendre son maître Hegel, « le lion mort », contre « certains coups de pied », s'applique notamment à démontrer que la fameuse erreur du De orhitis — où Hegel avait cru pouvoir démontrer la nécessité, dans le système planétaire, d'une lacune entre Mars et Jupiter, quelque temps après que Piazzi eût découvert la première astéroïde, Gérés — n'était qu'une pensée fugitive et ne tenait en rien aux principes essentiels de la philosophie hégélienne (Dte Asieroiden und die Philosophen, Werke, Bonn, 1876, vol. 11, pp. 335, 336). H est exact que Hegel n'a pas repris la démonstration dans ses œuvres postérieures', sans doute parce qu'il avait connu, depuis, la découverte, qu'il ignorait à l'époque. Mais la conviction d'où dérive la théorie planétaire du De orhitis, à savoir celle de la dignité cminente du concept de puissance — quae progressio qinim arithmelica sii,et ne numerornm quidein ex se ipsi procre.itioneni, id est poieniia,s, a,equalur,ad philosophiain nuiio modo perlinel, dit-il, en parlant de la loi de Bode — est au contraire, chez Hegel, tout à fait fondamentale et a été constamment maintenue par lui. Cf. aussi, au sujet de ce concept, la citation de la page suivante.