Cf. Appendice VI
[ue nous venons de constater. Si la science tend à conbndre^ jusqu'à un certain point, l'énergie polenlielle, qui îst une simple possibilité que ne trahit aucune manifesation extérieure, puisqu'elle est l'apanage d'un corps en 'epos apparent, avec l'énergie cinétique, qui est au conraire une fonction du mouvement, et si le sens commun )ose cette contradiction énorme de l'objet existant et ce- )endant non perçu, quoique composé de perceptions, c'est jue notre pensée est accoutumée à fonctionner de cette nanière, que c'est là sa marche normale. Hegel a senti )n ne peut plus vivement toute la généralité de ce processus, la vigueur du courant qui, dans tous les cas de ce çenre, entraîne la pensée au delà de ce qui est strictenent rationnel, logique. Il l'a senti au point qu'il a cru jue la logique, telle qu'on l'avait connue juscpi'à lui et que 'avait notamment codifiée Aristote, se trouvait, de ce chef, »inon entièrement abolie, du moins soumise à des correcifs -, au nom d'une sorte de logique supérieure, dont 1 a essayé de formuler à son tour les énoncés. Afin de notiver la coexistence de ces deux logiques, Hegel les fait procéder de deux facultés de notre esprit entièrement disinctes. En effet, la faculté appelée à diriger nos pensées, DU en d'autres termes la raison, se trouve chez lui être iouble ; il y a, d'une part, la raison abstraite qui, recherchant l'identité parfaite, est amenée à nier la diversité et.
1. Cf. par exemple Wissenschaft der Logik, 1'" partie, vol. I°% p. 15: Le contenu de la logique traditionnelle est « dénué d'esprit » ; de même i7)., l" partie, p. 113, sur le «manque de valeurde lasagesse syllogistique ». Hegel i cependant, d'autre part, célébré le « mérite infini » d' Aristote, qui consiste à avoir entrepris le premier une « description des phénomènes de la pensée tels qu'on les trouve » ; ce mérite « doit nous remplir de la plus [laute admiration pour la force de cet esprit ». Mais « il est nécessaire de pousser plus loin » {Ib., 2* partie, p. 31). — M. Boutroux a sans doute raison d'insister sur le fait que Hegel n'a pas entièrement abandonné la logique aristotélicienne et que, notamment, il n'a pas nié, contrairement à ce que l'on affirme quelquefois, le principe de contradiction (cf. à ce sujet plus bas, p. 15, note 4). 11 reste cependant qu'il a fait, comme leconcèdeM. Boutroux, < une application hardie et nouvelle » de celte logique (cf. R.Berthblot, Sur ?a nécessité chez //ege^Bulletin de la Société française de philosophie, avril 1917, p. 141) et que son système, selon la juste remarque de M. H. Berthelot, « constitue, du commencement à la fin, une réfutation par l'absurde... des postulats spéciaux de la logique aristotélicienne » {Ib. p. 166).