‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 23 sur 153 · Wissenschafl der Logik, 1" partie, vol. I"", p · texte numérisé non relu

Wissenschafl der Logik, 1" partie, vol. I"", p

-2. Pour caractériser cette activité de Kosenkranz,il suffira de rappeler qu'il a déclaré lui-même, dans la préface k une de ses œuvres, qu'il était résigné à ce que tout ce qu'il avait produit tombât dans l'oubli, mais que sa biogra-

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de voir. A'oulanl expliquer de plus près un point de la loi>:ique hégélienne, Rosenkranz arrive à se servir d'un exemple emprunté aux mathématiques. Il se rappelle aussitôt que Hegel a entendu rendre les mathématiques justiciables de la raison abstraite seule. « Que si cependant, poursuit-il, la vérité ne peut parvenir, comme Hegel l'assure, à la conscience d'elle-même que sous la forme de la méthode dialectique ; que si, en outre, d'après lui, les mathématiques constituent un membre nécessaire dans le système de la science, que si, enfin, c'est le concept de l'espace par lequel l'idée entant que nature affirme en premier lieu son existence, on ne voit absolument pas pourquoi les mathématiques doivent faire exception à l'égard de tout autre contenu. Le fait qu'elles n'aient pas été jusqu'à ce jour traitées par la méthode dialectique ne constitue pas une preuve de ce qu'elles ne puissent pas l'être. Dans la première partie de sa Logique, Regel lui-même a traité les concepts de l'unité, de la quantité, etc., c'est-à-dire l'arithmétique, par la méthode dialectique ; pourquoi la géométrie serait-elle obligée de se passer de dialectique ^?» Ainsi, la conception de Hegel présente, sur ce point, une réelle anomalie.

Cette anomalie, on peut, croyons-nous, au point de vue psychologique, comprendre comment elle a dû s'imposer à l'esprit du philosophe, une fois posées les assises de sa théorie delà science. En efTet, l'arithméticien ni le géomètre ne raisonnent certainement point selon le schéma de la raison concrète et, qui plus est, grâce à la simplicité fon-

phie de Hegel resterait et que la figure historique du maître, telle qu'il l'avait dressée, « traverserait les siècles » {Hegel als deutscher Nationalphilosoph, Leipzig, 1870, p. j).

1. //}., pp. 113-114. — 11 est aussi curieux à observer, dans le même ordre d'idées, que Taine, qui avait pourtant, de l'ensemble de la philosophie de Hegel, une vue assez nette, ne semble pas s'être rendu compte de son attitude particulière envers les mathématiques. « Hegel trouve une méthode de construction et conçoit une nouvelle idée de l'univers ; il applique cette méthode aux mathématiques, aux sciences physiques...» (Les philosophes classiques, 11* éd., Paris, 1912, p. 141). Or, on vient de le voir, un des traits caractéristiques de la méthode, c'est précisément le fait qu'elle ne doit pas s'appliquer aux mathématiques. Mais c'est là si bien une anomalie, que Taine, en retraçant le programme du sj'stèmc, inconsciemment sans doute, l'a redressée.

cière, à la perlucidité du raisonnement mathématique (du moins en tant que comparé à celui que mettent en œuvre les sciences physiques), il n'y a pas moyen de se faire des illusions à ce sujet : on aperçoit clairement que (conformément à ce que Hegel a reconnu lui-même dans le passage de la Logique que nous avons cité), tout en se rendant compte de la diversité existante, la géométrie la met tout simplement de côté, en raisonnant comme si elle n'existait point jet en obéissant manifestement aux règles de la logique ancienne, c'est-à-dire conforme aux dictées de la raison abstraite ; c'est-à-dire encore que « le côté formel de l'évidence mathématique » consiste à ce qu'elle procède « le long de la ligne de l'égalité », comme il est dit dans le passage delà PAe^iom^'/io/o 07e (cf. plus haut, p. 45). Dès lors, il ne se peut pas que le raisonnement mathématique soi! d'essence analogue à celui de la physique, Wfaut au contraire qu'il y ait entre les deux une coupure qui les diversifie profondément ; c'est là, en effet, le point de ^^le que Hegel a finalement adopté.

Que si maintenant, essayant de creuser plus loin encore, nous nous demandions d'où venait, chez Hegel, cette épistémologie, laquelle serait donc psychologiquement antérieure à sa logique, il nous faudra pousser un peu plus avant dans le domaine des conjectures. On peut constater, tout d'abord, que Hegel a parfaitement reconnu que l'explication, telle que la mettent en œuvre les sciences ph^^siques, repose sur la persistance, l'identité ou, comme il le dit, sur « la poursuite de l'identique et la continuation en lui ^ ». Ainsi la théorie chimique suppose la diversité substantielle et inaltérable des éléments. « Là où ces éléments mêmes montrent des transitions de nature supérieure, de telle façon que, par exemple, dans un cristal l'eau se solidifie, que la chaleur disparaît, etc., la réflexion se prépare une issue par des représentations nébuleuses et dénuées de sens d'une dissolution, d'un état combiné, d'un état latent, e!c. » Ces explications sont l'œuvre de la raison abs-

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