‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 38 sur 153 · Einleitung zu dem Enlivurf, etc., ib., vol. III, p · texte numérisé non relu

Einleitung zu dem Enlivurf, etc., ib., vol. III, p

réellement à démontrer l'identité « spinoziste * » de l'idée et de la nature, si elle parvient à décomposer celle-ci effectivement en éléments appartenant uniquement à l'intellect, à la montrer composée d'éléments purement rationnels, pourquoi ne procéderait-elle pas à l'opération inverse et n'édifierait-elle pas la nature à l'aide de tels éléments ? C'est bien là — du moins jusqu'à un cerîain point — l'avis de Schelling lui-même. La philosophie de la nature, pour laquelle « est premier ce qui est objectif et qui dès lors se pose la question de savoir comment ce qui est subjectif peut s'y ajouter et s'accorder avec lui », n'est que la première partie du système ; elle doit être suivie par une seconde partie où « le subjectif sera considéré comme le premier et où la tâche consistera de savoir comment l'objectif s'y ajoute et s'accorde avec lui ' ». C'est cette contrepartie en quelque sorte synthétique à la philosophie de la nature que Schelling expose dans le Système de Vidéalisme transcendant al qui paraît en 1800 et dans l'écrit intitulé Exposé de mon système de philosophie, publié l'année suivante et auquel, depuis, il se réfère constamment comme au résumé le plus complet de ses opinions dans ce domaine. Dans les premières pages de cet Exposé il déclare qu'il entend y réunir enûn, en un système unique, ce qu'il avait présenté sous deux aspects différents,

1. Il est à peine besoin d'avertir le lecteur que nous nous servons des termes « spinoziste » ou « spinozisme » dans le sens que leur donnaient Schelling et surtout ceux qui se rattachaient à lui, et sans aucunement prétendre nous prononcer sur le véritable sens de la philosophie de Spinoza, qui ne nous intéresse pas ici. C'est aussi à peu près dans le même sens que Fichte, s'opposant à Schelling, parle des « nouveaux systèmes à la manière de Spinoza » {spinozisirende nenere Système, cf. X. Léon, Fichte contre Schelling, Revue de métaphysique, nov. 1904, p. 052, note 8). C'est surtout pendant sa dernière période, alors qu'il réagit violemment contre le monisme hégélien, que Schelling déclare que « la philosophie de Spinoza n'est pas une doctrine unitaire vide. Spinoza n'est, pas un simple successeur des Eléates, son unité {sein Eins) n'est pas l'unité abstraite de Parménide, mais une unité embrassant véritablement tout Un esprit comme Spinoza... ne pouvait pas revenir à ces éléments indigents dont la pauvreté avait été mise à nu déjà par la dialectique socratique et dans lesquels seule la dialectique anti-socratique de notre époque a pu voir une haute sagesse. Sa substance n'est pas qu'une unité vide, il Ta conçue comme la substance à la fois étendue et pensante. » {Philosophie der Mythologie, Werke, 2' série, vol. II, p. 71.)

2. Schelling, System des transcendantalen Idealismus, Werke, !'• série, vol. III, pp. 340 et suiv.

94 l'explication globale

à savoir comme philosophie de la nature et comme philosophie transcendantale. Mais en réalité V Exposé ne présente que ce dernier point de vue seul, celui du Système de V idéalisme transcendantal ;Vécvit n'est d'ailleurs, comme l'auteur le reconnaît expressément, qu'un fragment *. Une autre œuvre, conçue sur un plan analogue, mais bien plus longue et plus complète, bien que, semblet-il, restée également inachevée, est rédigée quelques années plus tard, mais reste manuscrite et ne voit le jour que dans l'édition posthume ^

Toutes ces œuvres qui, parleur forme, ressemblent donc, en quelque sorte, à la Natur philosophie postérieure de Hegel, se distinguent cependant de celle-ci et aussi des écrits que Schelling lui-même rangeait sous le chef de philosophie de la nature par leur teneur la plupart du temps tout à fait générale. On y trouve la déduction des trois dimensions de l'espace, et aussi, simultanément, celle de l'existence du magnétisme, de l'électricité, du processus chimique ainsi que de la gravitation et de la cohésion \ Mais toute l'abondance de détails qui caractérise la philosophie de la nature proprement dite en est absente. Il n'est pas étonnant que ces écrits, du moins en ce qui concerne leur contenu scientifique, aient beaucoup moins fixé l'attention que les travaux antérieurs de Schelling ; c'est ceux-ci, à peu près exclusivement, qu'imite \di philosophie de la nature des disciples et, à ce point de vue, l'excuse de Hegel qui, après les attaques de la Phénoménologie, entend distinguer entre le maître et ses imitateurs S n'est pas entièrement vaine.

Du fait de cette différence de contenu réel entre les œuvres de Schelling appartenant aux deux catégories, ainsi que du manque de rigueur systématique qui caractérise

1. Darstellung meines Systems der Philosophie, ib., vol. IV, p. 212.

2. System der gesammten Philosophie, der Na,tur philosophie insbesondere,ih., vol. V. L'œuvre, dans cette édition, s'étend sur 440 pages, contre un peu plus de cent à peine pour la Darstellung. L'éditeur lui assigne comme date l'année 1804.

3. Cf. au sujet de ces déductions plus bas, chap. XIV, p. 143, note.

Page 1