Cf. Appendice XVII
'2. Cf. au sujet de l'historique de cet ouvrage, Appendice XVIL
tiatrice et dont la Vie de Jésus de Strauss, parue en 1835, était — à côté des écrits de Feuerbach, de Bruno Bauer,etc. — la manifestation la plus éclatante.
Une anomalie aussi frappante que le long et obstiné silence du philosophe n'a pas été, on le conçoit, sans attirer l'attention des biographes et des historiens de la philosophie. On a prétendu l'expliquer fréquemment par un trait de la vie familiale de Schelling, à savoir par la mort de sa première femme, survenue en 1809, c'est-à-dire en efiPet à peu près au moment où s'est opérée, chez le philosophe, la métamorphose dont nous venons de parler ^ Mais c'est là une supposition qui, pour bien des raisons, apparaît plutôt forcée *.
Une explication très différente a été mise en avant par Hartmann. Hartmann croit que Schelling, en général, manquait d'indépendance d'esprit (il était ohne eigenes Rueckgrat, littéralement : « dépourvu d'une colonne vertébrale lui appartenant en propre ») et que la première partie de son activité philosophique était plus féconde pour la simple raison qu'à ce moment il avait appris à connaître les grands penseurs qui l'avaient précédé, et notamment Bruno, Spinoza et Hume, et qu'il s'était appliqué à penser à leur suite ^ A part que c'est là méconnaître entièrement la valeur propre de la philosophie de Schelling (Hartmann, dans le reste de son livre, se montre lui-même beaucoup plus juste à l'égard du philosophe), on ne conçoit pas bien comment ce dernier aurait pu, en si peu d'années, épuiser entièrement la veine que lui offrait l'ensemble de la philosophie tel qu'il existait à son époque, au point de manquer dorénavant de « modèles féconds». On s'expliquerait moins encore, dans cette hypothèse, pourquoi Schelling lui-même a eu constamment la conviction que, loin d'avoir tout dit, il avait au contraire des choses essentielles à révéler (sans toutefois y parvenir réellement).
M. Bréhier, à son tour, s'est occupé du même problème.
1. Cf. par exemple K. Fischer, l, c, vol. VII, Schelling, p. 151.