Cf. Appendice XVIII
3. E. V. Hartmann, Schelling's philosophisches Syslem, Leipzig, 1897, p. 3.
102 l'explication globale
11 croit que Schelling, étant « avant tout professeur et journaliste » et « un causeur autant qu'un orateur merveilleusement suggestif» (ce qui est certainement une vue fort juste^, avait besoin de la chaire pour produire et que c'est pour cette raison que la longue période de tranquillité à Munich a été si complètement stérile au point de vue de sa production philosophique \ Cependant, dès 1822 et jusqu'en 1829, Schelling professe à Erlangen, sans que cette reprise de l'activité professorale marque une reprise analogue dans sa production philosophique.
Enfin, on a aussi quelquefois mis en jeu Hegel et il est en effet fort remarquable que le moment où Schelling cesse d'écrire coïncide à peu près avec celui où Hegel, par sa Phénoménologie, se manifeste comme un penseur indépendant et parvient, très rapidement, à une célébrité qui éclipse celle de son émule. C'est, en quelque sorte, par dégoût pour cette attitude du public philosophique, par dépit du succès de son rival, succès qu'il estime injustifié — ou du moins fort exagéré et trop facilement acquis — que Schelling se serait retiré sous sa tente. Il y a certainement du vrai dans cette supposition, et Schelling luimême, en parlant, postérieurement à la mort de Hegel, de sa philosophie et de ses succès, marque assez fortement ce dégoût et ce dépit ^ Mais on peut se demander si ces déclarations sont entièrement sincères, c'est-à-dire si c'est là toute la vérité. Car il semble que si c'avait été là la raison véritable, la raison unique, Schelling l'eût déclaré tout de suite, au début même de cette période de silence, ou du moins pendant cette période, afin de motiver l'étrange changement d'allures qui, il devait le sentir, déroutait le grand public et même ses partisans. Or, tout au contraire, par ses promesses et ses annonces incessantes, il reconnaît en quelque sorte implicitement qu'il a le devoir de s'expliquer ; et pourtant il ne s'explique point. Son attitude ressemble alors à celle d'un homme dont tout