‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 5 sur 153 · Ib., p · texte numérisé non relu

Ib., p

3. //)., p. 96. Cf. Jugement de M. Schellinff, etc., trad. J. W'illm, Paris, 1835, p. 16 : « ... cette même philosophie à laquelle il était redevable du principe de sa propre méthode... c'était le moyen le plus simple de s'emparer de ce qu'elle renfermait de plus propre et de plus original ».

4. Cf. par exemple Einleilunçj za deni Entwiirf eiiies Systems der iWaturphilosophie etc., Werke, 1" série, vol. Ml, pp. 309 et suiv. La Einleitung est de 1799, donc très antérieure à toutes les publications de Hegel. — Cf. sur la question de savoir jusqu'à quel point, en cette matière, Schelling pouvait, à son tour, être redevable à Fichte, voire même si Hegel ne pouvait pas avoir

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rapports de l'esprit avec la nature, et que Hegel, donc, en empruntant le processus (comm? cela paraît infiniment probable) à son prédécesseur, l'a trauvsposé, en le plaçant sur le terrain de la logique propre, c'est-à-dire à l'intérieur de l'esprit. C'est là d'ailleurs ce que Schelling reconnaît lui-même, dans les passages que nous venons de citer, en allée tant de considérer qu'il s'agit d'une modification, en somme, secondaire. D'autres fois il est plus juste, il déclare que Hegel a le mérite d'avoir développé le calé logique de sa philosophie à lui (Schelling), mais qu'il aurait dû s'en tenir là et s'abstenir de toute tentative de passer à une philosophie positive *. Mais, surtout, il tire de cette constatation toute une série d'objections contre la philosophie hégélienne, objections dont nous aurons à nous occuper plus bas. Ces objections nous apparaissent en effet comme étant de nature à jeter une vive lumière sur la matière qui nous intéresse, et c'est pour cette raison que nous avons cru devoir nous arrêter un peu plus longuement sur cette question des rapports entre les idées de Hegel et celles de son prédécesseur. Nous n'avons d'ailleurs pas à entrer davantage dans l'examen de celles-ci, puisque, nous venons de le constater par l'aveu de Schelling lui-même, elles ne touchent en rien à la logique. H convient de noter, toutefois, que cette |indépendance de Hegel à l'égard de son émule ne s'étend pas à

emprunté les éléments en question directement à ce dernier, sans passer par Schelling (questions qui ne nous intéressent pas ici), K. Fischer, Gesehichte, vol. vil, pp. 205 et suiv. — M. Dilthey, qui croit pouvoir faire remonter à Fichte l'invention de la méthode dialectique, reconnaît cependant que chez lui « la contradiction prend une signification autre que chez Hegel.» (Die Juffendgeschichle Hcjjel's, Berlin, 1905, p. 75.)

1. Schelling, Ziir Geschichte, etc., Werke, 1" série, vol. X, p. 126. — Cf. à ce sujet plus bas, chapitre XI, p. lil. — Hartmann est, dans cette question, manifestement injuste envers Schelling. « Le fait que la dialectique de Hegel, dit-il, exige la contradiction et l'inclut, alors que la dialectique de Schelling l'exclut, fait qui constitue une différence importante, n'a pas été noté par Schelling, évidemment grâce au zèle excessif qu'il met à réclamer aussi comme sa propriété la méthode de Hegel » (Schelling's philosophisches System, Leipzig, 1897, p. 26). On voit, par nos citations dans le texte, que Schelling a, au contraire, parfaitement reconnu que la transposition du conflit sur le terrain de la logique appartenait en propre à son émule. Mais cette transposition elle-même lui apparaît comme entièrement injustifiée (cf. plus bas, chap. XI, pp. 72 et suiv., et XVIII, p. 352).

la forme triadique, dont l'idée/ de l'aveu des hégéliens orthodoxes eux-mêmes, lui vient de Schelling: *.

Voici, comme exemple de la déduclion dialectique de Hegel, celle du concept que Hegel considère lui-mèms (avec raison du reste) comme fondamental au point de vue de son système, à savoir du concept du devenir. Le devenir (qui est le concept spéculatif) est l'unité de l'être (concept abstrait) avec le non-être (concept dialeclique) '. Sans doute, on affirme généralement qu'on ne saurait se représenter l'unité de l'être et du non-être ; mais ce n'est pas exact, au contraire, chacun a un nombre infini de ces représentations : « L'exemple qui se trouve le plus à notre portée, c'est celui du devenue Tout le monde possède une représentation du devenir et admettra qiiâ c'est là une représentation luie ; on admettra aussi que si on l'analyse, la détermination de l'être, ainsi que celle de la conception qui constitue le différent direct de l'être, à savoir du nonêtre, s'y trouvent incluses; on admettra enfin qu3 ces deux déterminations se trouvent réunies dans cette représentation unique \ » D'ailleurs, « l'être aussi bien que le nonêtre purs sont une seule et même chose... leur vérité à tous deux, c'est ce mouvement de la disparition directe de l'un dans l'autre, le devenir * ». C'est ainsi que la doc-

l.Cf. RosENKRANz, ffege^ais deutscher Nationalphilosoph , p. Sl.Schelling luimême reconnaît qu3 l'idée de cette disposition triadiqiie lui venait de Kant (thèse, antithèse, synthèse) et ne revendique pour lui-même que l'honneur d'avoir « fait prévaloir ce type dans son application la plus étendue » {Einleitung in die Philosophie der Mythologie, Werke, 2' série, vol. I*% p. 312).

2. ^L B. Croce insiste avec raison sur le fait que cette << première triade » constituée par les termes, être, néant, devenir comprend chez Hegel toutes les autres {Ce qui est vivant et ce qui est înort de la philosophie de Hegel, tr. BuRiOT, Paris, 1910, p. 19).

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