Hegel, Encyclopaedie, Logik, p
4. Id. Wissenschaft der Logik, V" partie, vol. I*"", p. 60, cf. ib., p. 93. M. Mac Taggart, à propos précisément de cette notion, si importante chez Hegel, du devenir, s'applique à faire ressortir (tout comnij M. Boutroux, cf. p. 11, note) que la dialectique hégélienne, contrairement à ce qu'ont prétendu quelquefois des adversaires mal informés, ne rejette nullement le principe de contradiction. « Une affirmation non réconciliée de deux catégories contraires, par exemple de l'être et du non-être, s'appliquant à la même chose, conduirait dans la dialectique, comme elle le ferait ailleurs, au scepticisme, n'était la réconciliation dans le devenir» {L c, p. 9, cf. ih., p. 24 sur l'importance de cette idée du devenir dans la déduction hégélienne).
IG l'explication globale
trine d'Heraclite dépasse en la conservant (c'est le concept hégélien du aiifheben que nous avons mentionné chap. Y, p. 135) celle de Parménide S et l'on ne saurait contester qu'à certains égards l'exemple est admirablement choisi, car l'être absolu de Parménide ressemble en effet furieusement à du non-être, étant donné que, comme l'a justement remarqué Renouvier, « cette matière uniforme homogène et immobile n'est ni cause ni raison dé quoi que ce soit au monde ' » et que d'autre part, ainsi que Hegel lui-même le fait ressortir avec insistance, le ex nihilo nihil fit exclut complètement tout devenir.
C'est sur cette base que Hegel a construit une logique, qu'il entend opposer à celle d'Aristote. Mais il va aussitôt plus loin. En effet, il est à tel point convaincu que l'idée est l'absolu, que l'esprit est la cause du monde *, que cette logique nouvelle, conforme à la raison concrète, lui apparaît comme révélatrice de l'essence des choses mêmes, en d'autres termes comme devant nécessairement se confondre avec la métaphysique, laquelle, selon sa définition, est « la science des choses conçues en pensées qui passent pour exprimer l'être des choses * ». De ce chef, pour lui, « la philosophie de la nature et la philosophie de l'esprit apparaissent en quelque sorte comme une logique appliquée ^ ».
1. Fcrd. Lassalle [Die Philosophie Herakleitos des Dunklen, Berlin, 1858, pp. 7 et suiv.) a beaucoup insisté sur ce concept de l'identité de Tètre et du non-être chez Heraclite. Il en a, en bon hégélien, quelque peu exagéré la portée, mais en général sa manière de voir, en cette matière, paraît assez juste.