Cf. Appendice V, p
2. Cf. Hegel, Werke, vol. XVIL Ueber die Einrichtung einer kriiischen
si dévoué qu'il fût à Hegel, fut assez avisé pour ne pas entrer complètement dans ces vues d'organisation forcenée. Mais il mit bien à la disposition du philosophe tout ce que pouvaient offrir dans cet ordre d'idées les organes existants de l'Etat, et Hegel eut ainsi la joie d'appliquer, au moins partiellement, dans la pratique, cette contrainte spirituelle dont Comte n'a fait que rêver ^
Que Comte et Hegel n'aient été, à ce point de vue, que les fils de leur temps, on le voit par l'exemple d'un homme qui, intellectuellement, était loin d'être l'égal de l'un ou de l'autre et qui n'en a pas moins, tout comme l'un et l'autre, conçu (et en partie mis en œuvre) le plan d'une doctrine officielle dominant les esprits et les comprimant, par tous les moyens dont l'Etat pouvait disposer, dans un moule unique. Ce ne serait, semble-t-il, qu'exprimer l'opinion générale de notre temps sur la philosophie de Victor Cousin que d'affirmer son défaut d'originalité et même un manque d'unité et de contours précis. Cependant son auteur, profitant de sa haute situation officielle et du prestige dont son enseignement jouissait à l'époque, entendait imposer cette philosophie telle quelle à la généralité des Français cultivés. On peut voir chez le spirituel biographe de Cousin comment il s'y prenait \ et comment, en 1848, au moment même où s'écroulait la monarchie de juillet, deux disciples
Zeitschrift der Literatur (An dsLS Ministerium des Unterrichls eingesandt). L'écrit n'est pas daté, contrairement aux autres pièces officielles publiées dans le même volume, mais doit être de la dernière période de l'activité de Hegel. L'auteur insiste, dès le début, sur le fait qu'il s'agit de fonder un organe qui fera pour ainsi dire partie intégrante de l'administration (p. 373, 380, 381), le comité de rédaction « aura en même temps la dignité d'un organe gouvernemental {Behoerde) » (p. 383). Les membres de ce comité seront, bien entendu, nommés par le gouvernement et il faut qu'il y ait parmi eux des fonctionnaires de l'administration supérieure de l'instruction publique. Ce sera dès lors « réellement une institution du centre de la monarchie » (p. 384) et le fait d'être distingué par elle. « pour ainsi dire sous les youx de l'administration supérieure », ne pourra « être indifférent à aucun écrivain prussien ». Les professeurs seront amenés aînsi à enseigner avant tout ce qui se trouve réellement acquis (p. 377) et à se garder d'une mauvaise originalité. Hegel cite à ce propos le mot de Voltaire : » L'Allemagne est un pays fertile en mauvais originaux » (p. 372).