‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 54 sur 153 · Cf. Appendice V, pp · texte numérisé non relu

Cf. Appendice V, pp

2. Jules Simon, Victor Cousin, i' éd., Paris, 1910, passini et surtout le chap. III, pp. 76 et suiv. : Le régiment.

13i l'explication globale

de Cousin étaient occupés à rédiger un manuel où il n'entrait que des passages des écrits du maître. « Ce manuel, dit Jules Simon, aurait été autorisé officiellement et imposé ofticieusement. » Et il ajoute : « La philosophie aurait eu son catéchisme. Elle avait déjà son évêque K » On ne saurait donc s'étonner qu'en faveur d'une doctrine dont les prétentions étaient certainement beaucoup plus justifiées que celles de l'éclectisme cousinien, Auguste Comte ait rêvé d'une contrainte analogue et que Hegel ait usé sans scrupule de l'appui que lui prêtait le bras séculier pour faire prévaloir effectivement la domination de sa philosophie dans l'Etat qui, officiellement, l'adoptait.

Ce serait néanmoins — il est à peine besoin d'y insister — commettre une grande injustice que de vouloir placer réellement sur le même plan les opinions scientifiques de Comte et celles de Hegel. Si bizarres, si peu conformes aux principes qui dirigent réellement les recherches des savants que soient certaines des exigences formulées par l'auteur du positivisme, il est certain qu'il avait une compréhension incomparablement plus juste de l'ensemble de la science et qu'il possédait en outre à un très haut degré cet instinct scientifique qui fait si fâcheusement défaut à Hegel. L'épistémologie de Comte n'est que partiellement exacte, en ce sens qu'elle définit une partie seulement delà science, celle qui formule des prévisions et énonce des lois, ce que nous avons appelé la science purement légale. Mais même en niant (toul à fait à tort, cela ne peut faire aucun doute) la science théorique et rationnelle. Comte, nous le verrons dans notre dernier chapitre (pp. 356 et suiv.) a cependant obéi à une tendance intime qui caractérise en effet la science de nos jours. Comte a, en outre, proclamé sa vérité partielle avec une vigueur incomparable, en en faisant le centre d'une doctrine qui embrasse toutes les formes de l'activité de l'esprit humain. Son influence sur ses contemporains et surtout sur les générations qui ont suivi a été immense ; elle dure encore et nous en avons constaté

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