Ih., p
5. //)., p. 49. K. MicHELET, dans sa préface à la IS atur philosophie (p. xiii),a également insisté sur ce que « la méthode hégélienne développe, en partant de ridée logique, les idées d'espace, de temps., de mouvement, de matière ». Selon l'expression de M. Houtroux {L c, p. 146), la nature, pour Hegel, c'est « l'esprit extériorisé, ou l'idée sous la forme d'autre chose qu'elle-même.»-- M, Lucien Hbru, dans son beau résumé de la Grande Encyclopédie (art. Hegel, vol. XIX,p. 1000), insiste avec raison sur ce que, chez Hegel, « l'idée... devient nature »>. — Cf. aussi sur l'unité essentielle, chez Hegel, du monde subjectif et du monde objectif, Will. Wallace, Prolegoniena, Oxford, 1914, p. 270 et ib., p. 82 : « La nature est de l'esprit déguisé. » Cf. Appendice Vlll.
Ainsi qu3 M. Seth le fait ressortir avec raison, le langage dont Hegel use « ne comporte pas d'autre interprétation que C3lle selon laquelle la pensée, de par sa nature abstraite même, donne naissance à la réalité des choses * », Hegel ayant « cherché à déduire [démons trate) l'existence des mondes de la nature et de l'esprit par une pure synthèse, en partant du monde de la logique ». Ha ainsi « entrepris une fois de plus la tentative extraordinaire, mais apparemment fascinante, visant à construire le monde à l'aide de la pensée abstraite ou de simples universaux ^ ».
Des commentateurs de Hegel, dans le but louable de défendre la mémoire du maître contre les accusations d'extravagance auxquelles elle n'est que trop exposée, et de rapprocher, dans la mesure du possible, sa manière de penser de celle de nos contemporains, ont quelquefois essayé d'atténuer ce qu'il y avait de choquant à ce point de vue dans ces déclarations, pourtant suffisamment explicites. Ainsi M. Mac Taggart, tout en exposant que « pour Hegel, la raison est la clef de l'interprétation de l'univers ; elle ne trouve rien qui lui soit étranger, où qu'elle dirige ses pas », et en reconnaissant qu'il « est hors de doute que Hegel considérait sa logique comme ayant, de manière ou d'auire, une signification ontologique », cherche cependant à démontrer qu'il « s'appliquait à trouver l'idée dans tout, mais non pas à réduire tout à une manifestation de ridée ^ ». H y a du vrai dans cette formule en ce sens que, comme nous le verrons tout à l'heure (pp. 30 et suiv.), Hegel n'a pas tenté de tout déduire dans les phénomènes, mais a, au contraire, laissé une sorte de marge, dévolue à l'activité de la science expérimentale. De même, il a certainement essayé de dégager les traits essentiels (et par conséquent, selon lui, nécessairement aprioriques) de la réalité par un examen a posteriori des phénomènes et de la science, en quoi faisant et quoi qu'on
1. A. Seth, Hegelixmsm and Personality, 2» éd., Edimbourg, 1893, p. 117