‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 66 sur 153 · Cf. Identité et réalité, pp. 387 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Identité et réalité, pp. 387 et suiv

2. Il ne sera peut-être pas superflu de constater que la fécondité de cette admirable conception — Auguste Comte s'est donné la peine de nier expressément qu'elle pût jamais présenter « une utilité réelle pour guider notre esprit

dans l'étude effective de l'optique » (Cours, 4* éd., Paris, 1877, vol. Il,p- 453) — n'est même pas encore épuisée à l'heure actuelle, après un siècle de travaux importants qu'elle a inspirés. C'est, en effet, à la théorie de Fresnel que se rattache directement celle par laquelle M. Sagnac a fourni l'explication d'un curieux phénomène découvert par M. Gouy (Cf. G. Sagnac, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 22 fév., 7 mars, 14 mars, 18 juillet 1904, et Boltzmann-Festschrift, Leipzig, 1904, p. 529 et suiv.)

19i RAISON SCIENTIFIQUE Eï RAISON PHILOSOPHIQUE

qui ont assuré le triomphe de la cinétique sur la thermodynamique S \ont manifestement à l'encontre de la conception énergétique. En effet, la distinction la plus profonde que l'on pourrait établir (au point de vue des conséquences que chacune de ces deux théories entraîne dans les conceptions de la physique) entre l'énergétisme et le mécanisme contemporain serait sans doute la suivante : le premier est une doctrine du continu, alors que le second en est une du discontinu. Or, les découvertes en question établissent la discontinuité de la matière, et les travaux qui, comme ceux de M. Perrin, ont abouti à fixer la grandeur absolue des atomes soulignent le triomphe de cette manière de voir. Il semble que tout observateur attentif ne peut n'être pas frappé de l'extrême vigueur de la poussée que la science en ce moment subit vers l'atomisme *, et ce n'est peut-être pas trop s'avancer que d'affirmer qu'à ce point de vue l'énergétisms philosophique appartient déjà au passé. S'il garde encore des adhérents, ce n'est, semble-t-il, que grâce à la confusion plus ou moins consciente dont nous avons parlé et qui, l'assimilant à une théorie de rapports puremsnl légaux, lui permettrait, soit de proclamer l'abstention positiviste de toute métaphysique, soit même de s'accorder avec l'atomisme.

Avec le réalisma transcendantal nous rentrons dans le domaine des conceptions d'origine philosophique. Nous avons fait choix de ce système sous la forme qui lui a été donnée par Ed. v. Hartmmn, parce que ce philosophe s'est appliqué à étayer ses conceptions par des considérations s' appuyant sur les théories des sciences physiques.

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