‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 98 sur 153 · Ih., pp. XXIV et · texte numérisé non relu

Ih., pp. XXIV et

LE PARADOXE ÉPISTÉMOLOGIQUE 335

tend à imposer ce cadre à l'expérience, qui lui résiste. La raison est incapable de déterminer d'avance l'expression à laquelle la formule devra s'appliquer ; mais tout énoncé contenant un rapport causal, bien qu'ayant été découvert par voie empirique, peut se ramener à une forme qui lui prête une évidence logique K Wundt déclare cependant, d'autre part, que la conception de quelque cliose qui demeure à travers le changement n'est pas apriorique, maisau contraire suggérée par les phénomènes eux-mêmes \ ^Yundt, en écrivant ses Axiomes, ignorait-il, tout autant que ^Yhewell;, ce qu'avait avancé Hegel ? Nous n'avons trouvé chez lui, comme phrase un peu hégélienne, que celle où il déclare que lors d'un changement « la perception [Anschaiiung) nous contraint de poser deux choses, alors que le concept voudrait ne laisser subsister qu'une chose unique ^ ». Mais c'est là, au fond, phitôt un lieu commun philosophique et, au moment où a paru l'ouvrage de Wundt, personne, semble-t-il, ne s'occupait plus de Hegel en Allemagne. En tout cas, ce serait l'unique exemple d'une répercussion quelconque exercée par la pensée de Hegel dans ce domaine.

En 1873 paraît le grand ouvrage de Spir*. Ce philosophe traite avec beaucoup d'ampleur du principe d'identité. Pour lui, ce principe n'a pas toujours mèm3 essence, il est tantôt analytique et tantôt syntliétique ; il ne devient synthétique que si l'on ajoute la considération du temps \ Spir insiste beaucoup sur le désaccord entre ce postulat de l'identité dans le temps et les phénomènes réels et y voit

1. VV. Wundt, Die physikâlischen Axiome iind ihre Beziehung zum JCausalprinzipy Erlangen, 1S66, réédité, avec quelques changements, sous le titre : Die Prinzipien der mechaniscfien Xaturlehre, Stuttgart, 1910, pp. 12, 86, 110, 115, 146, 147 de la 2« éd.

2. Ib., l'« éd., p. 125, cf. 2' éd., p. 178, l'expression un peu modifiée et renforcée de la même pensée.

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