Ib., 2» éd., p
4. African Spir, Deaken und Wirklichkeit, Leipzig, 1873, traduction française de Penjon, Pensée et réalité, Paris, 1895.
5. Spir, Pensée et réalité, p. 192. Nous avions nous-même adopté cette manière de voir dans notre ouvrage précédent {Identité et réalité, p. 38), mais le lecteur a vu (chap V, pp. 131 et suiv.) que nous avons changé d'opinion sur ce point.
à juste titre une preuve de l'aprioricité de ce postulat (contrairement à ce qu'avait affirmé Wundt, dont Spir d'ailleurs semble avoir ignoré l'ouvrage). Il reconnaît aussi la véritable nature de l'explication scientifique, de même que le rapport entre le principe d'identité d'une part, et l'atomisme et les principes de conservation d'autre part *. Ces déductions importantes sont cependant entachées parfois de quelque confusion, provenant, semble-t-il, surtout de ce fait que Spir ne suppose point l'existence, à côté du principe d'identité, qui vise la compréhension de la nature, de celui de légalité, qui vise la simple prévoyance, l'action sur la nature. Il lui paraît évident au contraire que le second ne peut être qu'un abrégé en quelque sorte du premier, qu'en d'autres termes notre croyance à l'ordre dans la nature provient de ce que nous la croyons, au fond, rationnelle. Gela se peut, car nous l'avons vu (chap. IV, pp. 87 et suiv. et chap. XVI, p. 262), le positivisme strict, qui est une théorie édifiant la science sur la légalité seule, ne saurait cependant se passer de la supposition d'un accord entre notre raison et le monde extérieur. Il reste cependant que la supposition, dans ce cas, ne semble pas tout à fait de même nature que quand nous postulons la véritable rationalité. En effet, celle-ci nous apparaît comme quelque chose d'infiniment désirable sans doute, mais aussi d'infiniment lointain ; bien avant que la science lui fît toucher du doigt, par le concept de l'irrationnel, que cet idéal était impossible à atteindre, l'homme l'a senti sans doute obscurément, mais puissamment, ainsi que le montre le fait que l'atomisme, dès son début, pose l'irrationnel de la sensation, en l'écartant résolument de ses explications, en la déclarant simple « opinion ». C'est ce qui fait que la rationalité se révèle comme un principe en quelque sorte flexible, qui s'accommode aux circonstances, admet des compromissions, engendre des illusions. La légalité au contraire est rigide, absolue ; elle entend régir tout ce qui n'est pas soumis au libre arbitre d'une volonté