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Desgartes, Les météores, chap. I

2. 1d., Les principes de la philosophie, IV ' partie, chap. lxvi. — Pour Descartes (comme d'ailleurs pour Lucrèce) l'eau de mer passait dans les sources non pas (comme pour nous) à travers les nuages et la pluie, mais à travers la terre, par infiltration. — On sait que Descartes s'est constamment défendu de suivre les principes de Démocrite et d'Epicure. « J'admire ceux qui disent que ce que j'ai écrit ne sont que Centones Deniocrifi », écrit-il à Mersenne en 1640 {OEuvres, éd. Adam et Tannery, Paris, 1899, vol. 111, p. 166, cf. la lettre antérieure, datée de 1638, ih., vol. Il, p. 396), et dans un des derniers paragraphes des Principes (IV» partie, chap. ccii) il déclare : « Il est évident

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La parlie de la lliéoiio cartésioniio qui concerne la conslitiilion des corps jçazeiix est développée et rendue plus explicite par Robert Boyle. « Les particules de l'air, dit le l'amcux physicien et chimiste anp:lais, peuvent être regardées comme de petits ressorts cpii, gardant leur courbure, peuvent èlre transportés de place en place sans que leur grandeur totale éprouve de changement ; mais aussi comme de petits ressorts qui peuvent se déployer d'euxmômcs, dont les parties s'écartent, tandis que, considéré dans son ensemble, chaque petit ressort change à peine de place ; de même que les deux extrémités de l'arc, au moment où le coup est tiré, s'écartent l'une de l'autre, pendant que le milieu demeure fixe dans la main de l'archer '. » Lémery, dont le Cours de Chymie (paru en 1G75) est resté pendant plus d'un demi-siècle le livre classique de cette science, fait, de même, appel aux figures des particules. « Comme on ne peut pas mieux expliquer la nature d'une chose aussi cachée que l'est celle d'un sel, qu'en attribuant aux parties qui le composent des figures qui correspondent à tous les effets cpi'il produit, je dirai que l'acidité d'une liqueur consiste dans des parties de sel pointues, lesquelles sont en agitation ; et je ne crois pas que l'on me conteste que l'acide n'ait des pointes, puisque toutes les expériences le montrent ; il ne faut que le goûter pour tomber dans ce sentiment : car il fait des picotements sur la langue semblables ou fort approchants de ceux que l'on recevrait de quelque matière taillée en pointes très fines ; mais une preuve démonstrative et convaincante que l'acide est composé de parties pointues, c'est que non seulement tous les sels acides * se cristallisent en pointes, mais toutes les dissolutions de matières

que cette façon de philosopher n'a pas plus d'affinité avec celle de Démocrite, qu'avec toutes les autres sectes particulières. » Il n'empêche que les contemporains n'eurent pas tout à fait tort d'être frappés de cette similitude.

1. R. Boyle, New Experiments Physico-Mechanical, etc. Exp. I.

2. Les « sels acides », d'après la nomenclature de l'époque, sont ce que nous appelons les acides , de même que les « sels alkalis » sont nos alcalis. 11 en est encore ainsi chez Stahl : « Menstriia salina snnt vel acida vel alcalia » {Fundamenta chymiae, p. 11).

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différentes^ faites par les liqueurs acides, prennent cette tigure dans leur cristallisation. Ces cristaux sont composés de pointes différentes en longueur et en grosseur les unes des autres, et il faut attribuer cette diversité aux pointes plus oii moins aiguës des différentes sortes d'acides. C'est aussi cette différence en subtilité de pointes qui fait qu'un acide pénètre et dissout bien un mixte qu'un autre ne peut raréfier : ainsi le vinaigre s'empreint du plomb que les eaux-fortes ne peuvent dissoudre ; l'eauforte dissout le mercure et le vinaigre ne peut le pénétrer ; l'eau-régale est le dissolvant de l'or et l' eau-forte n'y fait point d'impression ; l'eau-forte au contraire dissout l'argent et elle ne touche point à l'or et ainsi du reste.

« Pour ce qui est des alkalis, on les reconnaît quand on verse de l'acide dessus, car aussitôt, ou peu de temps après, il se fait une effervescence violente, qui dure jusqu'à ce que l'acide ne trouve plus de corps à raréfier. Cet effet peut faire raisonnablement conjecturer que l'alkali est une matière composée de parties roides et cassantes, dont les pores sont figurés de telle façon que les pointes acides y étant entrées, elles brisent et écartent tout C3 qui s'oppose à leur mouvement, et selon que les parties qui composent cette matière sont plus ou moins solides, les acides trouvent plus ou moins de résistance, ils font une plus forte ou une plus faible effervescence. Ainsi nous voyons que l'effervescence qui arrive en la dissolution du corail, est bien moins violente que celle qui se fait de la dissolution de l'argent.

« Il y a autant de différents sels alkalis, comme il y a de ces matières qui ont des pores différents, et c'est la raison pourquoi un acide fera fermenter une matière et ne pourra pas en faire fermenter une autre ; car il faut qu'il y ait de la proportion entre les pointes acides et les pores de l'alkali ^ »

Chez Stahl encore on trouve des raisonnements tout à fait analogues : « La dissolution n'est autre chose que la

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