LES MODALITÉS 1>E LEXPLIGATION SPATIALE
et des recherches suivies, aucune n'a plus iail Ijonneui- à ce siècle de la chimie renouvelée et perfectionnée, aucune enlinn'a conduit à des résultats plus importants cpic celle qui est relative à la détermination des aflinités entre les corps et à l'exposition des déparés de cette force entre les différentes substances naturelles* ».
Vers l'épocpie môme où, en chimie, les dernières traces des anciennes explications mécanistes tendent à s'effacer, des concepts qualitatifs commencent à prévaloir dans divers chapitres de la physique. C'est la conséquence de l'œuvre de Newton, et Leibniz avait vu juste en fulminant contre « les Attractions proprement dites et autres opérations inexplicables par les notions des créatures, qu'il faut faire effectuer par miracle, ou recourir aux absurdités, c'est-à-dire aux qualités occultes scolastiques, qu'on commence à nous débiter sous le spécieux nom de forces, mais qui nous ramènent dans le royaume des ténèbres * ». Newton lui-même avait conservé la notion de la chaleurmouvement, mais c'était là, comme Duhem l'a fait ressortir à juste titre, un reste de physique cartésienne qui cadrait mal avec le système ^ Aussi ce concept (les travaux de Black aidant) cède-t-il la place à celui de la chaleurtluide, et dès lors ce ne sont bientôt plus, dans tous les chapitres de la physique, que forces et fluides de toute sorte. Ces fluides, on se les représente d'ailleurs semi-matériels, et dans les tableaux de Lavoisier encore on voit le
1. Encyclopédie méthodique, etc., vol. III, p 333. — Une amusante confirmation du prestige dont était alors revêtu, auprès du public cultivé, ce concept de l'affinité chimique nous est fournie par le titre du célèbre roman de Goethe Les affinités électives et par la manière dont ce titre est expliqué dans le texte même de l'ouvrage. Sans tomber dans l'excès qui caractérise quelquefois les jugements des Allemands quand il s'agit de leur grand poète et sans vouloir lui attribuer un rôle considérable dans le domaine scientifique, on est amené à admettre que tout en restant fermé (contrairement à Kant) à la compréhension de tout ce qui touchait à la partie la plus avancée de la science, à savoir aux sciences physico-mathématiques (d'où son incapacité à saisir l'œuvre de Newton et, par la suite, l'aberration formidable delà Farbenlehre), Gœthe avait, pour tout le reste, d'excellentes et parfois de surprenantes lumières et se montre généralement à la hauteur de la science de son temps.