Cf. Identité et réalité, p. 260, note
3. M. A. Werner (Neuere Anschauungen, etc. Brunswick, 1913, p. 1 , avec cette crainte caractéristique que manifestent fréquemment les savants contemporains, dès qu'ils s'occupent de conceptions tliéoriques, la crainte d'être qualifiés de « philosophes » ou de « métaphysiciens » (noms apparemment injurieux entre tous), déclare que « ce n'est point en prenant pour base des représentations — sans doute fort remarquables au point de vue hypothétique et philosophique — de l'unité de la matière que la chimie moderne parvient à la supposition que les éléments ne sont que des formes différentes, caractérisées peut-être seulement par les conditions où elles surgissent, d'une
\ seule et même matière, mais en se fondant sur certaines relations entre les propriétés des éléments, qui resteraient entièrement incompréhensibles sans la supposition d'une origine commune ». Mais il est clair qu'il y a là non pas, comme M. Werner a l'air de le supposer, deux courants de la pensée distincts, voire même opposés, mais un seul et même courant : il eût été absurde de rechercher des relations entre les propriétés des éléments, si l'on n'avait pas eu au fond l'idée de l'unité de la matière. L'on a vu, du reste, que l'historique de cette conception confirme sa pérennité.