Cf. Job, /. c, pp. 52 et suiv
300 LA MARCHE DE l'eXPLICATION
l'espace ; Lien entendu, les propriétés du composant fondamental, soit, dans ce cas particulier, du petit aimant, mises à part — nous avons traité dans notre chapitre III (pp. 07 et suiv.) de la véritable nature de ce point de départ de toute théorie scientifique. Les figures de Mayer s'ordonnent dans un plan, mais il va sans dire que ce n'est là qu'une première approximation. Les véritables figures atomiques auront nécessairement (comme du reste le prévoit l'auteur de la théorie) trois dimensions et ce n'est peut-être pas trop s'avancer que de prévoir que, si la conception est un jour suffisamment poussée de ce côté, nous verrons nécessairement réapparaître, dans ce domaine encore, le tétraèdre, en tant que figure spatiale la plus simple de toutes, accompagné peut-être de l'octaèdre et des autres figures stéréométriques de la « métamathématique » platonicienne.
E. — Les diverses modalités de l'emploi de la fonction spatiale en vue de l'explication causale dont nous venons de parler, présentent ceci de commun, qu'elles semblent s'offrir à l'esprit pour ainsi dire toutes seules. Aussi voyons-nous des procédés en dérivant employés à peu près à toutes les époques, et sans doute presque dès l'aube de l'intelligence humaine, tantôt moins, tantôt davantage, conformément aux conditions résultant de la marche du savoir humain. ^Nlais voici une modalité qui appartient à peu près en propre à la science moderne, en ce sens que l'ancienne physique n'a pu que l'entrevoir tout au plus d'une manière fugitive et confuse, alors qu'elle joue, dans notre science, un rôle très considérable et qui, semble-t-iL ne peut que grandir. Nous entendons parler des explications causales fondées sur l'équivalence des mouvements. On sait, en effet, que les anciens ont entièrement ignoré le principe de l'inertie et dès lors, à plus forte raison, n'ont pu rien concevoir d'analogue à notre notion de la conservation de l'énergie. Sans doute, et en dépit de la théorie d'Aristote, une notion imprécise de la continuité du mouvement pouvait exister, notamment chez quekpies atomistes; d'ailleurs Aristote lui-même a le sentiment de la
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pcrsislaiice du mouvemont circulaire cl en tire sa Uicorie (lu mouvement circulaire « naturel » des sphères célestes '. ^[ais, encore un coup, lout ce (fui a Irait V(îritat)loment à la transtbrmalion du mouvement spatial et à l'emploi de cotte noiicm en xuc d'explications causales ne peut être (jue d'origine moderne.
Par conire, dans la physique moderne, les exemples abondent. Voici un piston de machine à vapeur qui se meut dans un cylindre et met en mouvement à son tour toute une série d'engins. D'où vient la force qui le pousse ? De la force d'expansion de la vapeur d'eau. Or, la théorie cinéticpie des gaz nous enseigne que celle-ci est la résultante de petits chocs que les molécules de ce gaz produisent sur les parois du vase cjui les enferme. Ainsi le mouvement visible et puissant du piston n'est que la transformation d'un grand nombre de mouvements qui animent des corpuscules très petits de taille et par conséquent invisibles. Mais, il n'y a pas de doute, il doit y avoir, du moins à un certain point de vue, é(juivalence ou même identité entre les. deux mouvements, moléculaire et molaire, puisque l'énergie, en vertu du principe bien connu, a dû « se conserver ». Voici d'autre part une pièce de machine qui tourne et à laquelle on applique un frein. Pièce et frein s'échauffent, et la théorie nous apprend que cet accroissement de température n'est qu'une accélération du mouvement des particules (jui constituent les corps visibles, ce mouvement moléculaire étant une transformation du mouvement molaire, apparent de la pièce. Nous avons « expliqué » dans le premier cas la naissance et dans le second la disparition du mouvement visible, en le rattachant à un mouvement invisible et en supposant que ce qui se passait à notre échelle, dans des espaces que nous pouvons apprécier à l'œil nu, trouvait son équivalent dans ce (jui se passait à l'échelle moléculaire, dans des espaces infimes, à peine accessibles à nos microscopes. En ce qui concerne ce dernier trait, l'explication, le lecteur en a sans doute