‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 24 sur 123 · Ib.,p · texte numérisé non relu

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3. Blainville, Ostéographie des mammifères, vol. I", Paris, 1839, pp. 36-39.

4. Cf. B. Petronievics, La loi de l'évolution non-corrélative, Revue générale des Sciences, 30 avril 1919.

laquelle Ag;i[ la teiidancc à laquelle il a obéi, et qui a pu égarer un esprit de cette qualité jusqu'à faire naître en lui des illusions concernant les résultats de ses recherches.

Oi':, il ne peut y avoir nul doute en ce qui concerne cette tendance. Pour Cuvier, la biologie n'est nullement une science purement descriptive. Elle doit au contraire rechercher de véritables explications, des rapports nécessaires. Les lois empiriques ne peuvent lui suffire ; l'observation ne fait que préparer l'avènement de la théorie, laquelle, donc, constitue le seul et véritable but que vise la connaissance scientifique. Cette théorie doit être rationnelle, elle doit rechercher des rapports susceptibles d'une démonstration comme ceux qui caractérisent les propriétés des ligures géométriques. Sa voie ne peut donc être que celle de la déduction, c'est là sa véritable essence.

Cependant, à regarder d'un peu plus près les textes de Cuvier, une difficulté surgit. Ce dont nous nous occupons en ce moment, c'est la voie de la déduction purement causale. Mais ce n'est pas là à quoi pense Cuvier, en parlant des rapports entre les divers organes des animaux. Au contraire, ce qui le guide manifestement, c'est surtout l'idée de fin. Faudra-t-il donc qu'en acceptant les vues de Cuvier sur la rationalité nécessaire de la science, nous y mêlions ses conceptions finalistes, c'est-à-dire que la déduction vers laquelle tend la science nous apparaisse comme composée d'éléments empruntés, pour ainsi dire sans distinction, à des considérations tantôt de cause et tantôt de fin ?

Nous nous sommes déjà occupé de ce concept de fin et de son rôle dans les sciences biologiques et avons reconnu qu'il y joue en effet le rôle d'un principe explicatif, d'un facteur servant à rendre rationnels des rapports purement empiriques (p. 37). C'est une question sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir plus tard. Pour le moment, il nous suffira de constater que Cuvier lui-même a très certainement entendu limiter ses considérations finalistes aux sciences de l'être organisé. Il reste de lui une œuvre de 5 plus remarquables, l'Histoire des progrès des sciences

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naturelles depuis 1789 jusqu'à nos jours, où, dans un magnifique tableau, il embrasse toutes les sciences de son époque (le terme sciences naturelles, chez Cuvier, comprenant également les sciences physiques). Ov, en traitant la physique, de la chimie, etc., Cuvier ne fait intervenir nulle part ombre de considérations linalistes ou téléologiques et manie son sujet entièrement dans l'esprit de la science post-galiléenne et post-cartésienne. C'est le phénomène du choc qui lui semble constituer la seule explication véritable de tous ceux que nous observons dans les sciences physiques ^ et l'on voit clairement, par la manière dont il parle de ces futures explications, que (comme on pouvait, certes, s'en douter d'avance) les règles qu'il avait formulées en ce qui concerne la rationalité des sciences biologiques, il les estimait applicables, à plus forte raison, aux sciences physiques. Seulement, dans ce domaine, il ne pouvait plus être question de finalité et la rationalité ne pouvait donc être atteinte que par l'application du concept de cause.

« La partie la plus essentielle du rapport causal, dit Riehl dans un travail remarquable "' mais qui paraît avoir été assez peu remarqué, n'est pas ce qui a trait au temps, mais son contenu logique. Ce que la causalité accentue, c'est la possibilité de relier des événements qui sont séparés par le temps, à l'aide d'une conclusion. » Il y a plus : le contenu logique prime à ce point tout le reste, que la manière dont la cause et l'effet se comportent relativement au temps nous apparaît en quelque sorte comme indifférente. On a bsaucoup discuté, autrefois, sur la question de savoir si la cause devait toujours, dans le temps, précéder son effet ou si elle pouvait lui être simultanée. La vérité est que nous nous servons du terme de cause indifféremment dans les deux cas, que nous l'employons notamment fort bien pour caractériser le rapport de deux propriétés que nous nous représentons toutes deux comme

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