‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 30 sur 123 · G. CuviER, Histoire des progrès, elc, vol. I", p · texte numérisé non relu

G. CuviER, Histoire des progrès, elc, vol. I", p

ne viennent pas de ces faits fondamentaux, il reste donc qu'elles aient leur source dans le procédé môme qui les caractérisera savoir dans la déduction elle-même. Et il en est en effet ainsi : nous voulons les phénomènes explicables et cela ne peut se faire, nous l'avons vu, qu'en établissant un lien logique entre l'antécédent et le conséquent. C'est ce qui fait que toute opération qui conduit ou qui, seulement, a l'air de conduire à cette explication, à cette compréhension, nous apparaît aussitôt revêtue d'un prestige particulier. C'est ce qui nous fait comprendre aussi ce fait qu'une théorie ne disparaît jamais que devant une autre théorie. Nous avons constaté quelque chose d'analogue plus haut, en parlant de la manière dont causalité et finalité dans les sciences biologiques se rejoignent et se saisissent pour ainsi dire l'une l'autre, en ne laissant pas de place entre elles pour la légalité pure. Le phénomène est encore bien plus marqué dans le domaine des sciences physiques, en ce qui concerne la lutte entre les diverses conceptions causales. L'histoire de la théorie du phlogistique nous le montre clairement et Cuvier, sur ce point également, a eu le sentiment très net de la véritable marche des choses. Enumérant les belles et nombreuses découvertes qui précédèrent la naissance de la chimie nouvelle, il dit : « Mais ces expériences, tout en faisant sentir l'insuffisance de la théorie du phlogistique, n'en donnaient pas immédiatement une meilleure *. » Jamais une théorie ne meurt, si l'on ose user de ce terme, de sa belle mort, par suite de sa faiblesse constitutionnelle, ou de vieillesse, c'est-à-dire uniquement parce qu'on a découvert, dans la suite, d^s faits qui cadrent mal avec ses suppositions fondam?ntales : toujours il faut qu'elle soit assassinée, comme le prêtre de Némi, par celle qui lui succédera. On ne la détrône que s'il y en a une autre, prête à en hériter, et tant que cette héritière ne se présente pas, on s'accommode d.^ tous les échecs, on s'arrange de toutes les difficultés.

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