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LA j)Éi)U(:tion 83
une anticipation de la loi. Elle est la loi elle-même arbitrairement construite par l'esprit. » Quant à l'idée de cause, elle est « obscure et multiv^oque ». Les savants s'y sont Tort peu intéressés, car elle a peu d'importance pour eux. « C'est que l'idée précise, univoquc et clairje de loi est la seule qui soit opérante dans le raisonnement inductif . » Or, M. Goblot, nous l'avons vu plus haut (p. 59), est convaincu que, partout dans la nature, l'ordre constant n'est que la manifestation extérieure d'un ordre logique intérieur et que, d'ailleurs, l'esprit humain ne se contente pas de vérités de fait, mais réclame des vérités de droit. Il faut dès lors que les lois soient reconnues comme telles directement, sans le secours d'hypothèses sur le mode de production. Gela, sans doute, est impossible à l'heure actuelle, mais cela pourra s'accomplir dans un avenir en quelque sorte idéal. « Si toutes les lois étaient connues, le monde de l'expérience serait tout pénétré de clarté... On ne voit pas ce qui resterait à découvrir. Les lois elles-mêmes ne seraient plus seulement des relations constantes, ni même des relations empiriquement nécessaires : elles seraient sans doute des relations logiquement nécessaires ^ »
Il y a là, manifestement, une conception tout à fait étrangère au véritable positivisme ^ Sans doute, dans la pratique, les deux théories semblent se confondre dans
1. E. GoBLOT, Traité de logique, Paris, 1918, pp. 291, 295. Cf. Id., Essai sur la classification des sciences, Paris. 1S98, p. 47 : « La causalité... est une notion transitoire, que la science rationnelle s'efforce d'éliminer et dont le rôle est même si peu important, dans rexplication théorique des phénomènes, que les savants n'ont même pas senti le besoin d'en préciser le sens équivoque et obscur. »