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108 LA MARCHE DE l'eXPLICATION

ment ' », c'est qu'à ce moment, oublieux de son propre principe ordonnant de faire rigoureusement abstraction de tout ce qui concerne le fond des phénomènes, et entraîné par les croyances scientifiques intimes de son époque, il suppose implicitement que tous les phénomènes ne peuvent être, au fond, que des phénomènes mécaniques.

Que ce ne soient pas là des considérations en quelque sorte abstraites, ne trouvant leur application que dans cette question un peu lointaine des phénomènes « premiers », on peut s'en convaincre en examinant ce qui s'est passé pour un coin des sciences physiques où, par un privilège unique, les phénomènes n'ayant trait qu'au déplacement semblent à peu près indépendants de ceux du reste de l'univers. On devine que nous voulons parler de l'astronomie de notre système solaire, lequel, tel que nous le comprenons maintenant en vertu du principe de Newton, semble offrir une image — très simplifiée, cela va sans dire — de ce que pourrait être notre conception de l'univers en général, le jour où nous aurions réussi à le résoudre en un mécanisme. On a même voulu voir dans cette circonstance le facteur qui aurait déterminé la tendance de notre science actuelle vers l'explication mécanique : l'astronomie planétaire étant parvenue de bonne heure à un développement qui ressemblait à un achèvement et ayant frappé les esprits par sa belle ordonnance, on aurait conçu l'idée que toutes les autres sciences devaient lui ressembler. Nous espérons que le lecteur, au cours de ce travail, acquerra la conviction que les causes de cette tendance sont bien plus profondes et que si le désir d'imiter en physique l'ordonnance du système solaire a pu jouer un rôle dans son évolution, cela n'a pu être qu'un rôle accessoire. Mais, dans le cas actuel, l'analogie est précieuse. En effet, il suffit d'un coup d'œil sur l'histoire de l'astronomie planétaire, pour se convaincre qu'il était à peu près impossible de formuler des lois tant soit peu précises des mouvements apparents de ces astres sur la sphère céleste, tant

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