‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 49 sur 123 · Cf. Identilé et réalité, p · texte numérisé non relu

Cf. Identilé et réalité, p

LA UATIONALITK DU UKEL l^-ï

lice), contraire aussi aux véritables tendances de la science (I de l'esprit humain. Descartes, comme beaucoup de ses coulcmporains sans doute, ne parait même pas avoir bien compris le sens de la doctrine. Il voyait en Bacon surtout le vigoureux lutteur, mtînant un furieux combat contre l'adversaire commun, la science péripatétiquc ; mais pour le reste, il a si peu saisi la portée de cette théorie, qu'il se croyait en parfait accord avec son auteur ^

C'est Descartes, incontestablement, qui a été le véritable législateur de la science moderne. Sans doute, si profonde et ineffaçable qu'ait été l'empreinte laissée par cet esprit, puissant entre tous, ce serait exagérer qpie d'affirmer que le physicien de nos jours continue à s'inspirer sans réserves des vues de l'auteur des Principes ; mais les fondements du credo scientifique moderne s'en rapprochent beaucoup à bien des égards. Nous ne sommes plus convaincus que tout dans la nature soit mathématique, mais nous voudrions bien que cela fût, car le mathématique nous apparaît toujours comme le seul rationnel, et ce n'est qu'à l'aide de la déduction mathématiqui? que nous cherchons à comprendre la nature et à l'expliquL^r. « Ce qui fait l'originalité de la méthode en physique, dit M. Bonasse, traitant de la Méthode appliquée en plrysiqiie générale, est... l'importance qu'y prend le raisonnement déductif... La physique cherche dans son domaine à reconstruire le monde, à le déduire par voie purement syllogistique d'un principe général une fois admis. Personne ne conteste que c'est là, que c'a toujours été là le but avoué des physiciens ^ » Venant à parler ensuite d'une branche de la physique qui s'est développée de bonne heure, à savoir de la catoptriqiie, l'auteur ajoute : « Il semble qne je rabaisse étrangement le rôle de l'expérience, le principe découvert, elle n'interviendrait plus que pour vérifier les déductions de géométrie : dans l'espèce son rôle était

1. Cf. G. MiLHAUD, Descartes et Bacon, Scientia, XXI, mars 1917, pp. 188 et suiv.).

2. H. BouASSE, De la méthode dans les sciences, 1" série, 2° éd., Paris, 1910, p. 124.

12G LA MARCHE DE l'eXPLICATIOX

par conséquent inutile. Si étrange que cela paraisse, il en est bien ainsi... * » M. Bonasse considère d'ailleurs, ajuste titre, que ces observations valent non pas pour la physique seule, mais pour toutes les sciences. La physique se trouve simplement être « de toutes les sciences de la nature, celle dont la méthode est fixée depuis le plus longtemps, alors que tant d'autres tâtonnent encore à la chercher ». C'est pourquoi « on peut la prendre comme type d'une science expérimentale achevée. En fait, toutes les autres s'efforcent de lui ressembler ».

M. Bonasse a tout aussi raison d'affirmer que ce trait n'est pas particulier à la science contemporaine, mais vaut pour la science de toutes les époques. La science n'a jamais varié en ce qui concerne la recherche de la théorie et de la rationalité et, sans doute, ne variera jamais, étant donné qu'il s'agit là d'une exigence primordiale de l'esprit humain ; les physiciens du Conseil de Bruxelles, on l'a ATI, se sont montrés aussi ardents dans la poursuite de ce but que n'importe lequel de leurs prédécesseurs.

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