‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 58 sur 123 · Cf. Identité et réalité, pp. 309 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Identité et réalité, pp. 309 et suiv

l'iDENTITK et T,' identification 1')')

Nvald. la naissanc3 d'une conception où l'énerp^ie apparaît comme une vérila])le chose-en-soi et même comm:^ la seule chose-en-soi véritable *■ n'en est pas moins sultisamment caraclérisli([uc à ce point de vue.

C'est évidemment aussi l'étroite parenté entre théories explicatives et principi's de conservation, le caractère explicatif de CCS derniers — c'est-à-dire le fait qu'ils nous apparaissent comme étant conformes aux exigences de notre raison, comme constituant une étape dans la voie de la rationalisation du réel qui est le but véritable de toute science — qui fait cpi'ils nous semblent revêtus d'une dignité particulière, bien supérieure à celle de simples lois empiriques : ils jouissent en quelque sorte de la double autorité des lois et des théories, puisque l'accord de la raison et de la nature semble se manifester en eux. C'est pourquoi nous nous contentons, dans des cas de ce genre, de preuves insuffisantes. Bien plus, nous avons la tendance, dès qu'il s'agit de conservation, à passer outre à des constatations qui semblent aller à l'encontre de l'énoncé et que nous nous efforçons dès lors d'expliquer à l'aide d'hypothèses auxiliaires ou d'artifices analogues de toute sorte. Ce qui s'est passé à propos du calorique de Black et des efforts qu'on a faits pour écarler en les « expliquant » les objections très apparentes qui résultaient de la production de la chaleur par le frottement, rentre dans cet ordre d'idées. Nous en avons parlé (p. 75) à propos des théories : mais c'est qus précisément, nous venons de le voir, dans ce domaine de la conservation, théorie et loi se touchent et se confondent dans une certaine mesure. Dans ce cas particulier, il est en effet évident qu'en défendant la théorie du calorique, on maintenait en même temps l'affirmation de la conservation de la chaleur qui lui servait de base. On ne saurait d'ailleurs douter que cet état d'esprit soit encore celui de la science de nos jours. Une preuve palpable en a été fournie tout récemment, par les discussions qui se sont produites au moment oii furent découverts les phéno-

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