‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 61 sur 123 · Cf. COUTURAT, L c · texte numérisé non relu

Cf. COUTURAT, L c

5. A. Prenant, Questions de biologie cellulaire, Scientia IX, 1911, pp. 480,

6. Jacques Loeb, La dynamique des phénomènes de la vie, trad. A. Daudin et G. ScHEFFER, Paris, 1908, pp. 349, 350.

100 LA MARCHE DE l'eXPUCATION

ries de la préformation \ Enfin, ]M. E.-S. Russell, tout en admettant que la théorie grossière (il la qualifie, dans une autre phrase, de « presque grotesque ») de la préibrmation est devenue indéfendable par suite du progrès des recherches biologiques, maintient cependant que « l'idée de l'explication qui se trouvait au fond de cette théorie continue à exister de nos jours avec une force qui n'apas diminué ». Il ajoute, en guise d'exemple, que « peu de théories ont exercé plus d'influence sur la biologie récente que la théorie de l'hérédité et du développement de Weissmann, laquelle est entièrement (oui and oui) préformiste ». Le biologiste anglais est d'ailleurs d'avis que si l'on suppose, par hypolhèse, que les substances qui transmettent l'hérédité dans l'œuf se rapprochent, par leur nature, des hormones de INIM. Bayliss et Starling, « la grande objection contre la théorie préformiste disparaît ■ ».

Il est peut-être plus frappant encore, au point de vue où nous nous plaçons, de constater l'emprise que cette idée de la préformation de l'être organisé exerce sur l'esprit d'hommes qui ne sont pas des biologistes de profession. Voici en quels termes INI. Maurice Maeterlinck s'exprime dans une œuvre récente, dont le titre L'hérédité et la préexistence dit déjà suftîsamment la tendance : « Nous ignorons de quelle façon ceux qui, jusqu'aux dernières générations, naîtront de nous, vivent déjà en nous, mais il est certain qu'ils y vivent. Quel que soit, dans la suite des âges, le nombre de nos descendants, quelles que soient les transformations cpie leur fassent subir les éléments, les climats, les territoires et les siècles, ils g'arderont intact, à travers toutes les vicissitudes, le principe de vie qu'ils ont tiré de nous. Ils ne l'ont pas pris ailleurs ou ne seraient pas ce qu'ils sont. Ils sont réellement sortis de nous ; et s'ils en sont sortis, c'est que d'abord ils s'y trouvaient =. »

1. Cf. E.-S. RussELL, Le problème des espèces et de leur origine, Scientia, XVIII, 6 décembre 915, p. 423.

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