‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 64 sur 123 · Cf plus haut, p · texte numérisé non relu

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l'identité et l'identification 101)

meiits « en nombre infini et seulement invisibles à cause de l'exiîîuilé extrême de ces éléments ». C'est là une circonstance fort importante au point de vue de la théorie de la science en général et sur laquelle nous reviendrons dans noire livre IV (chap. xvii, pp. 3i4et suiv.). Ce sur ffuoi nous devons insister ici, c'est qu'on aurait tort de mettre en jeu les mathématiques pour expliquer le rôle de l'atomisme mécanique dans la science, comme l'a l'ait notamment Hanne([uin ^ Sans doute, antérieurement à Leucippe et à Démocrite, les Pythaa^oriciens avaient formulé une sorte d'atomisme mathématique, qui supposait l'espace discontinu, composé de points, et il se peut que ces conceptions n'aient pas été sans inlluencer celles des atomistes physiciens, ainsi que d'ailleurs Aristote lui-même l'indique dans les passasses dont nous avons parlé. Mais cette inlluence n"a pu être que tout à fait indirecte, car il est évident, par la manière dont Démocrite notamment insiste sur l'existence du vide, nécessaire au mouvement des atomes, qu'il suppose ce vide, c'est-à-dire l'espace, continu, géométrique et non pas arithmétique, discontinu, comme les pythagoriciens, et Lucrèce est à ce sujet tout à fait du même avis ^

Cela n'exclut pas, sans doute, la possibilité que, dès ce stade primitif, la raison des chercheurs ait pu concevoir, d'une manière plus ou moins indistincte, cette idée qu'en dépouillant résolument la matière de ses attributs qualitatifs et en la réduisant à la quantité spatiale (comme le fait tout véritable mécanisme), on rendait possible l'emploi de la déduction mathématique et, par là encore, une rationalisation, au moins partielle, du réel. Mais c'était plutôt (si l'on ne tient pas compte de la profonde liaison entre ces deux sortes de considérations;, que nous avons cherché précisément à établir) une sorte de coïncidence, •et les véritables mathématiques n'ont commencé à exercer leur puissante influence sur la science que très postérieurement à cette première époque.

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