H. BouASSE, Sur la déformation, etc., p
4. LoEB, l. c, pp. 10, 212 et suiv., 290, 331. M. Driesch lui-même concède que le fait que tous les tropismes sont soumis à la loi de Weber, laquelle ressemble aux règles gouvernant l'action des masses en chimie, semble démontrer qu' « il y a quelque chose de chimique qui est lié aux tropismes >► et que « nous pouvons supposer, par hypothèse, que de véritables réflexes simples apparaissent, à tous égards, comme mécaniques » (machine-like). {The Science and Philosophy of Ihe Organism, Aberdeen, 1908, volume II, pp. 9, 12.)
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un état d'afçrégation liquide ou, au moins, semi-liquide et comme néanmoins doué certainement d'organisation, a perdu beaucoup de son aspect paradoxal depuis que nous connaissons les crislauv liquides, qui possèdent non seulement l'anisotropie caractéristique de toute structure cristalline, mais qui ont encore la faculté de croître, et dont les ag^régats semblent montrer une analogie frappante avec certaines formes observées par les biologistes, notamment avec des formes de la myéline '.
En général, des formes que l'on croyait l'apanage de la matière vivante peuvent, semble-t-il, être imitées, du moins jusqu'à un certain point, par des réactions qui ne mettent en jeu que des substances non-vivantes. Ces expériences (et notamment, en dernier lieu, celles de M. S. Leduc *), qui aboutissent à des similitudes très visibles, ont vivement frappé l'attention ; on s'en est, sans doute, exagéré la portée, mais il se peut qu'il y ait là plus qu'une analogie apparente '.
L'analogie est certainement réelle en*re la division d'un œuf d'oursin et celle d'une goutte d'huile d'olive par un fil imbibé d'un liquide alcalin *, et, en général, cette partie de la vie de l'organisme qui apparaît en
1.0. Lehmann, Seheinbar lebende fliessende Kristalle, kuenstliche Zellen und Maskeln, Scientia, IX, 190S, pp. 293 et suiv.
2. S. Leduc, Les lois de la biogénèse, Revue scientifique, 24 février et 3 mars 1906. — Cf. Przibram, Experimentalzoologie, IV. Vitalitaet, Leipzig et Vienne, 1913, pp. 13-14.
3. Cf. LoEB, loc. cit., pp. SO et suiv. sur les travaux de Traube. M. Loeb fait cependant des réserves expresses et n'est « nullement disposé à voir dans les imitations morphologiques des cellules et des bactéries au moyen de précipités inorganiques des organismes artificiels » (La fécondation chimique, p. 339). M. Prenant, tout en estimant que les théories physiques proposées dans ce domaine se heurtent à des « difficultés insurmontables », reconnaît cependant que « celui qui, connaissant les spectres ou fantômes produits par diverses forces physiques, les spectres magnétiques par exemple, a d'autre part sous les yeux l'image complète et parfaite de la division mitotique d'une cellule, est frappé de leur ressemblance et risque une explication physique >>. M. Prenant trouve les essais de M. S. Leduc « saisissants » et conclut que « les traits généraux de ressemblance (dans le cas de la mitose) sont tels qu'ils nous interdisent de faire appel à une énergie mystérieuse, à une énergie vitale, distincte par sa nature dss énergies physiques connues » (La théorie physique de la mitose, Scientia, XIII, 1913, pp. 380 et suiv.). Cf. aussi Lehman.n, loc. cit., p. 293.
4. Loeb, La fécondation chimique, tr. Drzewi.na, Paris, 19Jl,p. 32.
i40 LA MARCHE DE LEXPLICATION
quelque sorte comme la plus essentielle et la plus mystérieuse de toutes, à savoir la fécondation et le développement du germe, a été l'objet de recherches et de découvertes qui semblent montrer que l'explication physico-chimique pourra y jouer un rôle considérable ; il suffira de citer les travaux mémorables de M. Loeb\ bientôt suivies de celles de M. Yves Delage S sur la fécondation artificielle, ainsi que les études de toute une école de biologistes qui, se groupant autour de M. Wilhelm Roux ^ se consacrent à ce qu'ils désignent du nom un peu prétentieux de « mécanique du développement ».
On est également parvenu, à l'aide d'arrangements expérimentaux en somme fort simples, à imiter jusqu'à un certain point des phénomènes qui paraissaient caractéristiques de la cellule vivante : M. Rumbler a montré qu'une goutte de chloroforme suspendue dans l'eau se comporte à l'égard d'un fil de verre enduit de cire comme une amibe qui avale une diatomée, qu'elle s'entoure d'une sorte de construction, si on lui fournit du verre pilé, et qu'elle forme des pseudopodes par simple diminution de la tension superficielle *.
Dans un ordre d'idées analogue, on constate que les deux grands problèmes de l'énergie animale et de la synthèse chimique des substances qui composent les corps organisés, problèmes qui, il y a une ou deux générations, pouvaient être légitimement considérés comme radicalement insolubles, n'apparaissent certainement plus comme tels à l'heure actuelle. A la vérité, les premiers succès dans ces deux domaines sont plus anciens, les débuts de la synthèse des corps organiques datent de 1828, c'est-àdire de la fameuse synthèse de l'urée par Woehler. Depuis ce moment, en effet, il était devenu impossible de prétendre que les substances chimiques qu'on qualifiait