Loeb, l. c, p
LES PHÉNOMÈNES lUOLOGK^UES 243
( )uincko, qui met en jeu l'étalement et d'autres encore *. Sans doule y a-t-il celte grave difficulté que les variations ([ue l'on met en avant paraissent, le plus souvent, irréversibles, ou tout au plus partiellement réversibles comme le processus d'Engelmann, alors que celles dont les organismes vivants sont le théâtre sont, de toute évidence, entièrement réversibles *. Il semble cependant qu'il n'y ait là qu'une différence de degré et l'obstacle, certes, n'apparaît pas comme invincible.
Une découverte récente, qui a eu un grand et légitime retentissement, montre bien à quel point la notion qui fait le fondement de l'affirmation vitaliste, à savoir celle du phénomène vital, est encore sommaire et même, si l'on ose dire, grossière, combien elle aurait besoin d'être plus nettement délimitée, avant que l'on put la faire entrer dans des énoncés strictement scientifiques. Nous entendons parler de la belle série de travaux de M. J. Nageotte, qui a eu pour objet la greffe de tissus morts.
La greffe organique est une opération très ancienne et qui, de tout temps, a vivement frappé l'imagination du public. Il faut se rendre compte, en effet, que, même sous sa forme la plus simple de greffe vivante et directe, l'opération a quelque chose de paradoxal et qui choque certaines de nos notions instinctives. Nous nous sentons individu et nous supposons, par analogie, que l'humanité et même le monde animal tout entier sont composés de tels ; il nous semble donc étrange qu'une partie organisée d'un tel individu puisse, sans passer par les organes de la digestion et en conservant par conséquent son organisation propre, s'agréger à un organisme étranger. Il faut constater cependant que, jusqu'à M. Nageotte, personne n'avait pensé à greffer autre chose que des tissus vivants : il semblait aller de soi que la \ie, cet état mystérieux, était indispensable à la réussite de l'opération, et l'on s'était donné des peines infinies pour la maintenir dans des gref-
1. Ib., p. 107. — Cf. aussi A. Betse, Neuere Vorstellangen, etc., Scientia, VllI, 1910, pp. 70 et suiv. et 0. Lehmann, l. c, p. 297.