‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 98 sur 123 · The Times, Litterary Supplément, 18 juillet 1918, p · texte numérisé non relu

The Times, Litterary Supplément, 18 juillet 1918, p

Quoi de plus naturel du reste ? Sans doute la conception causale comporte, si on la développe logiquement jusqpi'en ses conséquences dernières, mainte grosse difficulté philosophique. Mais que le présent puisse être réglé par l'avenir, qui n'existe pas encore et qui, si je suppose mon propre libre arbitre, pourra bien ne pas exister, cela répugne bien davantage à l'entendement, surtout si l'on entend s'abstenir de considérations proprement théologiques.

Il est clair, en outre, que finalité suppose prescience, ce qui à son tour implique conscience. Si je fais telle chose pour atteindre telle fin, c'est que, comme le dit Lucrèce, j'ai eu d'abord la pensée, la prévision de ce que je voulais et que cette prévision avait pour objet une image*. Sans doute Lucrèce était-il anti-fmaliste. Pour lui, « rien ne se forme dans le corps pour qu'on en puisse user, mais ce qui s'y forme trouve ensuite son usage ^ ». Mais même chez Aristote, ce prototype de tous les finalistes, la cause finale ne meut qu'autant qu'elle est connue et désirée et, par conséquent, n'a de prise que sur les êtres capables de sentir et de vouloir ^ Evidemment, en apaisant ma faim et ma soif, en accomplissant un acte sexuel, je n'ai conscience que de suivre un besoin immédiat, un instinct obscur, alors qu'à la réflexion j'arrive à concevoir qu'il y a là des actes dirigés vers la conservation de mon individu ou de mon espèce. Mais c'est qu'alors je suppose qu'une conscience supérieure, la Nature, Dieu, connaît ces fins ; comment pourrait-elle autrement les vouloir ? L'anthropomorphisme, ici, est inévitable. A moins, bien entendu, que je ne parvienne, comme le fait la théorie

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