‹ De l'exploitation des chemins de fer (volume 2)Chapitre 22 sur 81 · Ole · texte numérisé non relu

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Avances aeeordées aux agents pour divers motifs. — IN OU S

avons vu comment, au moyen de la caisse de prévoyance, les employés malades ou blessés recevaient les secours nécessaires. Nous avons dit également comment, par une interprétation libérale de l'article 20 de son Tléglemenl, certaines sommes étaient dépensées chaque année pour alléger les dépenses extraordinaires qu'entraînent pour les agents et employés souscripteurs, soit la maladie de la femme ou des enfants, soit les décès sur-

!-2i I)K L'EXI'LOITATIO.N liKS CIIL.MINS liK KKII.

venus (l;uis la famille. Mais indépeii(Uimnient de ces événements, à Toccasion desquels les chefs de service de la compagnie» fixent le montant des secours à accorder dans chaque cas particulier, il se produit encore, dans la vie d'un employé, des circonstances dans lesquelles la disposition momentanée d'une petite somme peut lever bien des difficultés.

Des avances de 100 fr., 150 fr., quelquefois 200 fr., sont accordées par le directeur de l'exploitation, aux agents qui justifient d'un besoin urgent, payement de dettes contractées avant l'entrée au service de la compagnie, termes de loyer arriérés, etc., etc. Ces avances sont remboursées mensuellement par retenues faites sur le traitement, et depuis cinq ans que fonctionne cette petite caisse des avances, elle n'a éprouvé qu'une perte de quelques francs occasionnée par le départ d'un agent.

Enfin dans certaines circonstances exceptionnelles, le conseil d'administration de la compagnie a, sur la proposition des chefs (le service, accordé des avances de 500 fr., 1,000 fr. et même 2,000 fr., pour aider des, employés à exonérer leurs enfants de la conscription. Ces faveurs très-rares ont été considérées comme la récompense de l)ons et anciens services. Il n'est pas besoin de dire que les sommes ainsi avancées ont été et son! chaque mois scrupuleusement versées dans les conditions arrêtées au moment de leur allocation.

Pensions liagèresi servies par la e(unpaji;nie «le l'Est. — Lîl

profession d'employé de chemin de fer comporte malheureusement des dangers spéciaux et qui font chaque année des victimes trop nombreuses. Malgré les précautions les plus minutieuses, les avertissements incessants des chefs, les hommes oublient le danger qui les menace, et nous avons trop souvent ;'i enregistrer la mort d'un homme renversé par une machine; «juclquefois aussi des mécaniciens ou des agents des trains sont victimes d'accidents qu'il n'était pas en leur pouvoir d'empêcher. Quoique bien souvent la compagnie puisse invoquer le

COiNSlDÉRATIONS GÉNÉRALES. 125

fait incontesté de l'imprudence personnelle des agents, elle n'a jamais refusé des secours soit aux agents eux-mêmes, s'ils survivent, soit à leur veuve ou à leurs enfants.

Les pensions viagères ou secours annuels qu'elle a payés en 1865 s'élèvent à 67,477 fr. 21 c; ils sont répartis entre 121 personnes.

Coniparaisou des mesures précédentes avec celles stipulées dans l'arrêté ministériel de décembre 18 18. — NouS ïlù poUVOns

nous empêcher de faire remarquer la différence qui existe entre les mesures qui viennent d'être exposées et celles que l'administration des travaux publics a pu prendre en décembre 1848 et qui furenl considérées comme une amélioration sérieuse. Aux termes des arlicles 5 et 6 du Règlement encore en vigueur, croyons-nous, sur les chantiers de l'État, quand un ouvrier, par suite de blessures, ne peut plus se livrer aux travaux de sa profession, il lui est alloué une indemnité égale à la -moitié de son salaire pendant un an; s'il succombe, sa veuve ou sa famille a droit à une indemnité une fois payée de 300 fr.

Résumé général. — Permanence des agents dans les cadres. —

En résumé, sans parler des mesures qui n'entraînent point de dépenses ou que des dépenses peu importantes, telles que chauffage et éclairage des chefs de gare et de dépôt, transports à prix réduit ou gratuit, vente de charbon, avances, concours donné aux sociétés alimentaires, la compagnie de l'Est a dépensé en 1865 les sommes ci-après pour améliorer la situation de ses agents.

Haliilienieut 595,214 fr. 07

Boissons froides et boissons ctiaudes. . 51,722 00

Journées payées aux malades, etc. . . 85,505 81

Versement à la caisse de prévoyance. . 149.145 95

Versement à la caisse des retraites. . . 510,557 37 Pensions viagères ou secours annuels à des agents blessés ou à des veuves et

enfants d'agents. . ....... 07,i77 21

ToT.Ai 1,057,000 fr.il

\iC, l»i: Ll-\l'L()lTATlON DKS CHEMINS l)li FER.

De leur côté, les agents ont payé les sommes suivantes :

Retenue (le 5 p. 100 pour liabillemeiit. 1 95,805 fr. 15 lleteiiue de 1 p. 100 poiu- la caisse de

prévoyance 149,1^3 95

Retenue de 2 p. 100 pour la caisse des

retraites. . 510,557 57

Total 655,540 45

Il existe un moyen, nous ne dirons pas infaillible, mais presque certain, d'apprécier si une organisation répond à la plus grande masse des besoins à satisfaire : c'est la fixité des agents, la permanence des engagements volontaires. — Quand un agent, libre de ebcrchcr dans toutes les industries une carrière qui convienne à ses aptitudes ou réponde au moins à ses besoins d'une manière suffisante, conserve pendant de longues années la même situation, et déclare même ne pas vouloir la quitter, on peut admeltre que l'organisation qui répond à cette situation comporte des éléments de stabilité et de succès, et qu'elle fonctionne à la satisfaction réciproque des chefs et des subordonnés. Aucune organisation n'est arrivée à la perfection; <'haque année on peut et on doit tenler la réalisation de certaines améliorations, mais la permanence du personnel prouve qu'il n'y a rien à changer à la base de l'organisation.

Nous prendrons deux groupes d'agents :

Les agents des trains,

Les mécaniciens et chauffeurs.

Au 50 juin 18G0, les agents des trains employés par la compagnie de l'Est étaient au nombre de 808, savoir :

Contrôleurs de route 7

Chefs de train de 1" classe 109

— de 1" classe til7

(iardes-freins de I'" classe 154

— de 2' classe 401

TiiTAt. pareil 868

CONSIDÉRATIONS GÊiNÉRALES. 1-27

Au point de vue du nombre des années passées au service de la compagnie, ces 868 agents seréparlissaient de la manière suivante :

Agents ayant de 20 à 25 ans de service. .... 2

— de. 15 à 20 — 51

— de 10 à 15 — 187

Les deux premiers groupes se rapportent aux lignes d'Alsace. Si l'on rapprochait les autres nombres des dates d'ouverture des diverses sections à l'exploitation, on trouverait que la plupart des nominations dans le service des trains se rapportent à ces ouvertures, et qu'un agent, une fois entré dans cette carrière, y reste indéfiniment. Le service des trains, avec ses alternatives de travail pénible et de repos absolu, diffère en effet essentiellement du travail des gares, beaucoup plus continu, et les agents des trains qui ont demandé pour des causes diverses à entrer dans les gares, ne s'y plaisent généralement pas; quelques-uns môme, après une courte épreuve, ont demandé à remonter dans les trains.

Au {"juillet 1866, le nombre des chefs de dépôt, mécaniciens et chauffeurs, était de 1,'222, savoir :

Chefs de dépôt et sous-chefs 57

Mécaniciens 611

Chaufl'eurs 554

Au point de vue du nombre d'années passées au service de la compagnie, ces agents se répartissaient de la manière suivante :

Agents ayant plus de 25 ans de service 11

— ' de 20 à 23 — 8

— de 15 à 20 — 125

— de 10 à 15 — 354

— de 5 à 10 — 415

— do 1 à 5 — 309

128 l)K I/KXI'LOITATIÛN DES (JllE.MLNS DK FEU.

Les deux, premiers groupes se rapportent aux lignes d'Alsace; et, ainsi que nous l'avons dit pour les agents des trains, si l'on rapprochait les autres nombres des dates d'ouverture des diverses sections, on trouverait que presque toutes les nominations se rapp(»rtent à ces ouvertures, et ([u'un agent, une fois admis dans les cadres des chauffeurs et des mécaniciens, y est incorporé pour ainsi dire définitivement.

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