‹ De l'exploitation des chemins de fer (volume 2)Chapitre 7 sur 81 · C. — Chemins vicinaux · texte numérisé non relu

C. — Chemins vicinaux

Au 51 décembre 1864, la situation des chemins vicinaux était la suivante :

Clieiiiins de grande coinmuuicatioii à lï'tat d'entretien. . 71,505 kilom.

Chemins d'intérêt commun à Têlat d'entretien 40,290

Chemins vicinaux ordinaires à l'état d'entretien 114, (Î87

Nous n'avons pu nous procurer les chiffres de la dépense de construction de ces diverses voies de communication, mais on peut admettre les moyennes suivantes :

4.S,211 kilom. Routes départemental., à 15,0001V. l'un. 723,165,000 fr. 71,505 — Chemins de grande communication, à

10,000 fr. l'un 715.050,000

40,290 — Chemins d'intérêt commun, à 5,000 IV.

l'un 251, 49.'). 000

114,687 — Chemins vicinaux, à 4,000 IV. l'un. . . 458,748,000

ToTAi 2,126,458,000 fr.

L'achèvement des réseaux départementaux portera trùs-probablement cette somme à 2,500,000,000 fr.

En supposant que le réseau des chemins de fer soit achevé en 1874 ou en 1875, époque fixée par le gouvernement pour les travaux prévus pour les autres voies de communication, on trouve que la France aura dépensé, pour l'ensemble de toutes ses voies de communication, la somme de 13,250,000,000 fr., savoir :

Chemins de fer 9,500,000,000 fr.

Voies navigables 706,000,000

Routes impériales et grands ponts 544,000,000

Routes départementales et chemins vicinaux 2,500,000,000

ToT.u GÉNÉRAL 15,250,000,000 fr.

Treize milliards deux cent cinquante millious de francs, dont :

h milliards seulement fournis par Timpùt, 8 milliards fournis par l'épargne et rassociation volonlaire des capitaux.

Capitaux fournis par l'inipOt ou par l'association volontaire. —

On ne se rend pas généralement compte de la différence profonde qui existe entre ces deux natures de ressources appliquées aux travaux publics. Les capilaux fournis par l'impôt ne demandent aucune rémunération directe ; il n'en est pas de même des capitaux consacrés à l'exécution des chemins de fer qui, fournis par l'épargne annuelle du pays, réclament chaque année, non-seulement une rémunération sous forme d'intérêt, mais une reconstitution précise sous forme d'amortissement. Toutes les voies de communication concourent au développement de la richesse du pays ; mais si cette augmentation de richesse suffit à l'Etat, aux départements et aux communes, pour compenser les sacrifices faits par eux, il n'en est pas de même pour les chemins de fer qui, pendant une période de 99 ans, doivent être en mesure d'assurer aux capitaux qu'ils ont dû réunir, l'intérêt que ces capilaux auraient obtenu s'ils eussent été employés de toute autre manière.

Ou conçoit alors immédiatement la gravité des questions que présente l'exploitation des chemins de fer. Qu'une erreur soit commise dans la construction d'une roule, d'une voie navigable, d'un port de commerce, que les services rendus par l'un de ces ouvrages soient trés-faibles et hors de proportion avec les sommes qu'il a coûtées, c'est un malheur sans doute; mais c'est un malheur économique que le pays a supporté, et qu'en langage commercial on pourrait imputer à un compte profits et pertes.

Il n'en est pas de même pour un chemin de fer ; il faut que l'intérêt du capital enfoui dans sa construction soit trouvé et fourni régulièrement chaque année. Nous ne saurions envisager l'hypothèse dans laquelle on admettrait froidement la ruine absolue de ceux qui ont consacré leurs économies à la construction des chemins de fer. Un pays qui érigerait cette

ruine en système verrait son crédit perdu pour de longues années et la France, a su écarter de semblables combinaisons.

Les considérations que nous venons d'invoquer ne doivent être jamais perdues de vue dans toutes les occasions où il est question de la concurrence entre les diverses voies de communication autres que les chemins de fer et ces derniers. Pour les premières, le capital de construction, les dépenses d'entretien sont fournis par le Trésor public, et le prix à payer pour le déplacement d'une personne ou d'un objet ne s'applique qu'à la seule opération du transport. Sur un chemin de fer au contraire, le prix à payer doit solder à la fois le compte de premier établissement, l'entretien de la voie et enfin le transport lui-même.

Dépenses d'entretien des \oîes de communication. — NoUS

n'avons pas parlé dans les chiffres qui précèdent des dépenses d'entretien pour les chemins de fer ; ces dépenses sont supportées par les compagnies exploitantes, el déduites chaque année des recettes de l'exploitation. Pour les autres travaux publics, il n'en est pas de même, et toutes les dépenses d'entretien sont demandées à l'impôt. Les droits de navigation payés sur les canaux et sur les rivières sont bien insuffisants pour couvrir les dépenses d'entretien de ces voies de communication. Le tableau ci -après indiquera l'importance dos charges» supportées par le pays pour les travaux de l'État dans la période de cinquante années qui s'est écoulée de 1814 à

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