‹ De l'exploitation des chemins de fer (volume 2)Chapitre 74 sur 81 · COMPAGNIES · texte numérisé non relu

COMPAGNIES

Est

PAniS-LYON-MÉDlTEnR. .

Midi

De pareils chiffres montrent combien sont chimériques les craintes exprimées au sujet du relèvement des tarifs par les compagnies.

Conditions et prix de l'ancien roulage. — PlusicUrS personnes, entraînées par une ardeur de critique regrettable, ont formulé cette opinion que le pays n'avait rien gagné à l'exécution des chemins de fer, et que la manière dont ces derniers étaient exploités faisait regretter les anciens modes de transport. Si cette assertion était exacte, rien n'empêcherait le commerce de faire revivre ces anciens modes de transport : il ne faut pas un gros capital pour acheter sept ou huit carrioles, quelques chevaux, et monter un service sur une route; mais cette idée ne vient à personne, parce que aucun négociant ne voudrait subir les conditions de l'ancien roulage.

Rappelons sommairement quelles étaient les conditions de l'ancien roulage. D'abord, rien de plus inexact que les mots roulage pour tous pciijs, inscrits à la porte de presque toutes les entreprises; les plus importantes desservaient quelques directions, et si elles acceptaient un colis pour une direction qu'elles ne desservaient pas, c'était pour le remettre à une autre entreprise, après avoir, bien entendu, prélevé une commission.

En second lieu, les prix et les délais variaient pour ainsi dire chaque jour, et les commissionnaires ne connaissaient qu'une règle : prendre le plus cher possible.

Quand la marchandise était abondante, et quand, en même temps, les moyens de transport devenaient insuffisants, le prix s'élevait rapidement, les délais n'avaient plus de limite, et les expéditeurs se trouvaient complètement à la merci des entrepreneurs de transport. On a trop vite oublié en France le temps, encore bien peu éloigné de nous cependant, où les bateaux à vapeur de la Saône et du Rhône, où tous les voituriers entre Paris et Marseille doublaient, triplaient et décuplaient même les prix de transport des grains chaque fois qu'à la suite de

mauvaises récoltes, l'intérieur de la France était obligé de s'approvisionner à Marseille.

Lorsqu'au contraire la marchandise était rare, et que les voituriers ne pouvaient compléter leurs chargements habituels, tout s'améliorait pour le public : prix réduits, délais diminués, tout lui était offert, jusqu'à ce qu'une reprise des affaires, comme on disait, permit de l'exploiter de nouveau. Le public subissait dans toute sa rigueur les conséquences de la loi de l'offre et de la demande ; mais il nous semble qu'un tel état de choses ne devrait pas inspirer de regrets.

Les chiffres suivants montreront quel est l'écart entre les prix demandés aujourd'hui par les chemins de fer et les prix normaux du roulage ordinaire et du roulage accéléré. Nous laisserons de côté les prix de famine imposés au pays en 1847 et en 1855, et nous n'examinerons les faits que sur un seul réseau, en donnant les prix par 100 kilogrammes, poursuivre les habitudes du roulage. Les prix indiqués pour la voie de terre sont extraits des avis au commerce publiés par les divers commissionnaires dans une période de 12 années, — de 1834 à 1846. L'année 1847 a présenté les prix exceptionnels dont nous avons parlé; à partir de 1848, l'emploi par le roulage des sections de chemins de fer déjà ouvertes a déterminé un abaissement de 25 à 50 p. 100. La comparaison, pour être équitable, ne peut donc porter que sur les années antérieures à 1846.

Si les commissionnaires de roulage abaissaient, pour quelques clients privilégiés, les prix inscrits sur leurs offres de service, ils les élevaient trop souvent pour le petit commerce et la bourgeoisie. En prenant donc les chiffres publiés, nous resterons très-certainement dans la moyenne.

CHEMIN DE FER DE l'eST. — PRIX PAR 100 KILOGRAMMES.

es

Page 1