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128 l'E LEXI'LUITATION ItKS CHEMINS DE FEl;.
En prenant les années pour lesquelles nous avons pu réunir des docuinents complets, on trouve que les chemins de fer ont transporté :
En 1861, 2,434,000 tonnes, soit 50,425,000 hectolit.
En 1862, 2,258,000 — soit 28,225,000 —
En 1865, 2,407,000 — soit 50,087,000 —
En 1864, 2,581,000 — soit 29,762,000 —
En 1865, 2,519,000 — soit 51,487,000 —
En 1866, 2,964,000 — soit 57,050,000 —
Comparées à la consommation générale de la France, ces quantités représentent plus du tiers de la consommalion totale; et, si du chiffre de celle dernière on défalquait les quantités consommées sur place, on arriverait à cette conclusion que les chemins de fer transportent la plus grande partie des céréales nécessaires à l'alimentation du pays et à des conditions de prix presque sans influence sur la valeur de la marchandise.
Sur le cliemin de fer de l'Est, le prix moyen du transport de la tonne a été, en 1805, 8 fr. 00 c; en 1861, 7 fr. 87 c; en 1865, 7 fr. 16 c. En comptant à l'hectolitre, le prix a varié entre 0 fr. 64 c. et 0 fr. 57 c.
Xiveliement général des prix. — On a VU COnihicU Turgot
déplorait les différences énormes que présentait le cours des céréales sur divers points de la France; ces différences se sont maintenues tant que les voies de communication sont demeurées imparfaites. M. de Forcade La Roquette, alors vice-président du conseil d'Etat, a donné dans les débats qui ont eu lieu en 1866 au Corps législatif, des chiffres irrécusables.
En 1817, l'écart entre le prix de l'hectolitre de blé à Strasbourg et dans les villes de rintérieur de la France s'est élevé à 40 fr.
UÉSIILTATS GfiNfiRAUX. 120
Kii 1847, l'tîcart maxinuim rlail ilc 20 (V.
l'ii I8GI, les plus {jurandes (lilÏÏTi'iices lonslaléos sur k-s (li\ers inarcliL's liaiicais iic dépassaicul pas 0 à 7 IV.
Llntiii, au niomenl où nous éciivons ces lij^ncs (orlohie 1800), la récolte a été très-mauvaise, et, sur plusieurs points tic la France, le rendement a été inférieur à celui des plus mauvaises aimées; le prix de l'heclolitre a monté rapidement de 10 IV. à 25 IV.; mais la hausse est unirornie, et, si l'on examine le cours des marchés dans toute la France, on ne tr(tuve plus que des écarts exceptionnels de 5 à 4 fr. par hectolitre, et dans la moitié de la France au moins, le blé est, à 1 fr. prés, au même prix.
11 est très-facile de se rendre compte de ce fait. Il y a quelques années, des difiérences de 5 à 4 fr. par hectolitre entre des localités peu éloignées les unes des autres n'attiraient pour ainsi dire pas l'attention. Les moyens de transport régulier entre ces localités faisaient défaut aussi bien pour les personnes que pour les choses. Chaque contrée avait son marché en dehors duquel on n'avait aucune relation, et il fallait des circonstances exceptionnelles pour que le commerce commençât à comparer les marchés entre eux.
Aujourd'hui, qu'une hausse d'un franc par heclolitre se produise sur un marché, les négociants placés dans un cercle de 200 ou 500 kilomètres du rayon tracé autour de ce marché, en sont avertis par le télégraphe pendant la durée même du marché, et trente offres se présentetît pour répondre au besoin manifesté par cette hausse : 1 fr. par hectolitre représente 12 fr. 50 c. par tonne, nous ne saurions trop le répéter, et avec 12 fr. 50 c. par tonne, on peut parcourir 200 à 300 kilomètres sur les chemins de fer.
Lorsque, pendant quelques mois, à la suite des récoltes
extraordinairement abondantes de 1865, 180 i et 1865, le prix
du blé était descendu à 15 fr. l'hectolitre, on chercha dans la
suppression de réchellc mobile et.dans la liberté du commerce
d'importation les causes du maintien de ce prix peu rémunérateur pour la culture. Les blés d'Odessa, tes blés d'Amérique, au dire de quelques personnes, menaçaient tous les marchés de l'empire. On reprochait au gouvernement d'avoir voulu, non pas que les blés étrangers entrassent — il n'en entrait que des quantités insignifiantes — mais d'avoir seulement voulu qu'ils pussent entrer. Dans notre conviction profonde, les blés d'Odessa n'ont exercé aucune influence sur les marchés de l'empire français; ce sont les blés français euxmêmes qui ont maintenu la baisse. Ouand chaque ville peut s'approvisionner instantanément dans quatre ou cinq directions différentes, quand le blé est abondant partout, toute hausse est impossible. « Ce sont vos chemins de fer qui arrêtent les affaires, nous disait un grand producteur de céréales des environs de Paris; autrefois, quand le prix s'élevait à la halle, on avait le temps d'en profiter; aujourd'hui le blé arrive de tous côtés, cl on ne peut plus vendre. » Ce producteur intelligent et fort éclairé n'oubliait qu'une chose : l'intérêt du consommateur.
Les prix des céréales se uiiellent rapidciucut. et les pri.li de disette disparaissent. — XoUS veUOUS de VOir Comment
les chemins de fer amenaient le nivellement des prix dans tous les marchés de l'empire ; nous ajouterons que ce nivellement se fait avec une extrême rapidité, et que par suite la hausse n'a point le temps d'arriver à ces prix qui caractérisent la disette. Il suffit de voir ce qui s'est passé dans chacune des années qui ont donné des récoltes insuflisaules.
La muyeiiue de la production de la France en céréales, pendant la période décennale de 1854 à 1863, a été de 95 millions d'hectolitres.
La moyenne de la consommation annuelle varie entre 86^ 00 et 92 millions d'hectolitres.
Toutes les fois que la production est inférieure à 86 millions,
l;l,Sl MAIS (.I.M.ItAl \. 131
il y .1 (liscllc; ^i, ;ui cttiiliaiit', l:i ihoiIik lidii dcpasbC lili millions, il va excédaiil.
Depuis siii^l lins, nous a\t»iis en eu Fraiicu li'ois disettes :
En 18i6, la production n'a élé que de 00 millions d'iieclolilres;
Vax 1855, de 7'i millions; Kn 1801, de 75 millions.
Le déficit, pendant ces trois années, n'a pu être comblé qu'avec les arrivages de l'étranger qui nous a vendu :
En i8i(), \\ millions d'Iieclolilies ; En 1855, 10 millions; En 1861, VI millions.
Mais, pour chacune de ces années, les choses ont suivi une marclie bien difterente.
En 1846, et même en 1855, les incertitudes que l'existence de réclielle mobile faisait peser sur le commerce, l'absence d'un grand nombre de lignes de chemins de fer, ont singulièrement retardé l'arrivée de l'approvisionnement demandé à l'étranger. Cet approvisionnement a mis plus de huit mois à nous parvenir, et les prix moyens annuels se sont élevés, sur les marchés régulateurs, à 52 fr. 80 c. Iheclolitre en 1846 et 1847 ; en 1855 et 1856, à 51 fr. 10 c.
A certains moments, la hausse a été bien plus considérable, el le prix s'est élevé à 40 et même à 45 fr.
En 1861, au contraire, la suppression de toule réglementation d'une part, et surtout l'existence d'un nombre considérable de voies de fer d'autre part^ ont permis l'arrivée, en quelque sorte immédiate, de la quantité de céréales nécessaires à l'alimentation du pays; et, avant la fin de 1861, la France avait son approvisionnement d'un an au complet. Aussi le prix de l'Iieclolitre demeurait-il partout iuférieui à 50 IV.
Sans aucun doute, la sécurité assurée par la suppression de l'échelle mobile a pu activer des négociations entreprises à l'étranger ; mais la certitude d'effectuer des transports dans presque toute la France à des prix invariables, que nous avons fait connaître, doit entrer pour une très-grande part dans l'activité imprimée aux acquisitions de céréales faites dans les derniers mois de 1861.
Nous mentionnerons un seul fait qui montrera la différence entre la situation de 1847 et la situation actuelle.
En 1847, la ville de Yesoul, effrayée de l'élévation extraordinaire du prix des céréales, lit à Marseille deux achats de blé aux conditions ci-après :
l'RtMIEf! ACHAT. — l" lÉvniEi; 1S17.
l'ijx de l'hectolitre il Marseille. 27 ' »•
l'rix du transport de Marseille à Vesoul 14 75
Total 41' 73
DEUXIÈME .\C11A1. — 10 MAT.s 1847.
Prix de l'hectolitre à Marseille "-i'^ 50
l'rix du transport de Marseille à Vesoul 14 »
Total 45' 50
Le prix du transport d'un iiectolilre entre Marseille et Vesoul, sur une distance de 070 kilomètres, a atteint le chiffre énorme de 14 fr. Ih c, soit, en ne comptant que 12 hectolitres par tonne. 174 fr.
Le prix des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée et de l'Est est aujourd'hui pour le même parcours de 55 fr. 55 c.
Soit moins du cinquième du prix de 1847.
Observons que ce n'est qu'en février et en mars que la ville
HKSIIIJATS (iK.NKhMlX. 1.-,-,
(If Vesoul s'est décidée à l'aire ses acquisilions à [Marseille ; pendant six mois elle a supporté des prix énormes.
Les laits qui se sont passés à la iin de Taimée l.SGO ont été Ion! autres, et en lace d'une léeolle notoirement mauvaise, qm* (juelques agrieulteurs déclarent comparable aux plus tiistes années du siècle, le prix de l'hectolitre, à la lin de l'année ISOtî, ne dépassait pas 25 à 20 Ir.
Au moment où Ton a été fixé sur l'insuffisance de la récolte (le ISliO, nous avons étudié les mouvements qui se sont produits dans les gares du réseau de l'Est qui reçoivent habituellement des céréales. Pendant les trois mois d'août, de septembre et d'octobre, les échanges se sont faits avec une extrême rapidité; et sur beaucoup de points, les expéditions égalaient, dépassaient même quelquefois les arrivages. Nous citerons les chiffres relatifs à dix gares :
HLSIG.NATIU.N
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